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Maeva, une belle étoile filante de Maria Isabel Villalobos

Certaines lectures restent dans un petit coin de nos mémoires. Elles ne prennent pas beaucoup de place. Elles se font toutes petites. Par contre, elles marquent au fer rouge nos cœurs et nos souvenirs.

Il y a plus de 6 mois, j’ai lu « Maeva, une belle étoile filante » de Maria Isabel Villalobos. Un témoignage poignant d’une mère privée de sa fille.

Il y a trois ans, le 13 janvier 2020, Maeva 13 ans a mis fin à ses jours. Elle a laissé derrière elle, sa famille, ses parents, ses frères et sa sœur, ses grands-parents, ses amis dans l’incompréhension la plus totale.

« Une nuit tu as choisi de partir
Ton absence me fait extrêmement souffrir
Il me manque tellement ,l éclat de ton sourire
Cette cicatrice,je ne pourrai jamais la guérir… »

Comment peut-on penser à mourir lorsque l’on sort à peine de l’enfance?

L’histoire de Maeva est pourtant banale. Je sais. Il est anormal d’évoquer la banalité lorsqu’il est question de la mort brutale d’un enfant. Et pourtant, même si nous sommes au 21e siècle, Maeva est morte comme d’autres de par la bêtise humaine.

Maeva est une victime du harcèlement. Sa personnalité, son physique, ses origines étaient un motif de railleries et de moqueries de la part de certains congénères de classe. Alors qu’elle semblait heureuse et épanouie dans le cadre familial, Maeva vivait un calvaire à l’école.

Afin de ne pas inquiéter ses parents, elle ne voulait pas leur en parler. Elle a tenté de porter seule le poids de ces agressions. Au creux d’une nuit, quand les heures sont les plus sombres, elle a pris la plus grave des décisions. Mourir.

Dans ce livre, sorti au printemps dernier aux éditions Mols, Maria Isabel Villalobos a décidé de partager son quotidien après le départ de sa fille. Elle a tenté de comprendre l’impensable. Elle a essayé de donner du sens à ce qui n’en a pas.

Pour ce partage, elle a choisi le format du journal de bord. Au départ, ce journal avait une vocation thérapeutique. Progressivement, l’idée de partager son vécu a germé avec un objectif précis: éviter que le cœur d’une autre maman, d’un autre parent ne se brise encore…juste parce que quelques gamins se sentent pousser des ailes et se complaisent dans la méchanceté et la domination.

L’ensemble est bien réussi. Maria Isabel est originaire de Bolivie. Le français n’est pas sa langue maternelle. Pourtant, elle parvient avec sincérité à nous partager son cruel vécu. Il ne s’agit nullement ici de juger les prouesses littéraires d’un écrivain. Le seul et unique but de cette chronique est le partage, l’information et la prévention.

A notre époque, le harcèlement sous toutes ses formes a encore de belles heures devant lui. Pointé du doigt, de nombreuses campagnes de prévention existent. Des peines pénales sont prévues par la loi.

Pourtant, le harcèlement a encore de beaux jours devant lui. Il transperce dans toutes les sphères de notre société. Une victime de harcèlement vit de véritables souffrances invisibles mais bien présentes. Il est plus que temps que toutes les institutions (scolaires, publiques, sociales) et les entreprises prennent leur responsabilité.

Les stratégies mises en place sont insuffisantes. Le suivi des victimes est inexistant ou obsolète. Malheureusement, la parole des victimes est peu écoutée. Les paroles de normalisation trop fréquentes.

Il est évident que de nombreux établissements scolaires mettent en place des activités de prévention, des temps de parole, un lieu d’écoute…Malgré cela, ce n’est pas encore toujours suffisant. Imagine quand rien n’est fait!

Ce 13 janvier, aie une pensée pour Maeva et pour toutes les étoiles filantes. Allume une bougie pour ces gamins qui ne concrétiseront jamais leurs rêves! Parce que notre société a échoué dans son rôle protecteur. Parce que nos actes n’ont pas réussi à les convaincre que leur place était ici avec nous.

Dans le cadre de la sortie de ce livre, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec Maria Isabel. L’entretien sera très bientôt sur ce blog. Note également que les droits d’auteur de ce livre sont reversés intégralement à une association luttant contre le harcèlement scolaire.

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