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Sorcière de la nuit de Charline Malaval

Ces derniers temps, de nombreux livres évoquent des personnages féminins inspirés du réel.

Ces femmes ont fait l’histoire. Elles ont participé avec leurs moyens à la marche du monde.

Pour son tout nouveau roman sorti à la rentrée aux éditions Préludes , Charline Malaval a choisi de mettre en lumière les sorcières de la nuit.

Kesako te demandes-tu?

Les sorcières de la nuit étaient appelées « Nachthexen » par les soldats nazis. Redoutées par ces derniers, ces femmes faisaient partie d’un escadron soviétique.

En 1942, lorsque l’Allemagne viole les accords et pénètre sur leur territoire, l’Union soviétique entre en guerre. Des femmes s’engagent alors dans l’armée.

A l’époque, l’ex-URSS donnait aux femmes l’accès aux études et à des postes dévolus aux hommes dans les autres pays. Soyons réalistes, cette possibilité est motivée par un besoin de main d’œuvre plus que par une quelconque idéologie féministe.

1942. Ania n’a plus rien à perdre. Séparée des siens dont elle n’a plus aucune nouvelle depuis l’invasion allemande, elle s’engage dans l’armée. Son rêve: devenir pilote d’avion.

2018. Pavel assiste impuissant à la chute mortelle de son meilleur ami. En partie responsable de l’accident, son oncle l’éloigne de Moscou. Ensemble, ils s’enfoncent dans une région boisée.

Après quelques jours de randonnées, ils découvrent la carcasse d’un avion datant de la seconde guerre mondiale.

Tu dois absolument lire « Sorcière de la nuit ». Ce roman est original et instructif. J’ai suivi avec curiosité Ania et Pavel. Pour rédiger ce livre, Charline Malaval a fait un fabuleux travail de documentation.

Son écriture est claire, concise tout en étant imagée. J’ai trouvé l’histoire d’Ania plus profonde, plus fouillée, plus attachante. La partie consacrée à Pavel m’a parue plus distante, moins personnelle ou passionnée.

Il est cependant à noter que Pavel évoque la réalité russe d’aujourd’hui.

Pour ses personnages, pour la mise en lumière de ces femmes courageuses, pour les valeurs qu’il véhicule et pour son aspect social, ce roman mérite d’être découvert par la majorité.

Il nous ouvre les portes d’un monde bien différent du nôtre.

Nous qui nous plaignons des conditions instables du moment…Même si nous avons grandement raison d’être inquiets et vigilants, jeter un œil sur le passé est révélateur.

Gardons bien en mémoire nos nombreuses libertés et chances que d’autres n’ont toujours pas. Ne l’oublions pas.

Que penses-tu de découvrir ce roman? L’as-tu déjà lu? T’a-t-il plu?

Dis-moi tout en commentaire!

Albums jeunesses·Bandes dessinées

Petit Poilu: « Tout pour moi, rien pour tous »

Connais-tu ce p’tit bonhomme?

Quelques poils sur le caillou ne l’empêchent nullement de se nommer « Petit Poilu »! Il est culotté n’est-ce pas? Pas étonnant, Petit Poilu est belge. Son papa, Pierre Bailly et sa maman, Céline Fraipont le sont aussi!

Petit Poilu est né il y a plus de 10 ans de l’imagination de sa maman. A la naissance de sa fille, Céline Fraipont s’est rendu compte qu’aucune bande dessiné pour les tout petits existait.

Ni une, ni deux, Céline a imaginé le personnage et Pierre lui a donné vie.

Avec Petit Poilu, nous sommes loin de l’époque des vieux rabats joies. Enfant, mes institutrices déconseillaient à mes parents la lecture de BD. Ce n’étaient pas de bonnes lectures. Un peu comme des suppôts de Satan…

La série des Petit Poilu compte 27 tomes. Ils sont tous édités par les éditions Casterman. Chaque tome est muet. Il n’y a aucun dialogue. Aucun texte. Cette idée est formidable!

L’absence de texte ne signifie nullement l’absence d’un scénario construit et intéressant. Evidemment, l’histoire est adressée aux plus jeunes. Leur jeune âge ne leur permet pas encore de lire comme les grands.

Pourtant, ils sont très souvent hyper motivés. Pas besoin d’être un lecteur aguerri pour se lancer dans la lecture de Petit Poilu! Le feu d’artifice de couleurs et de thèmes différents motive les loulous.

Dans ce 27ème album « Tout pour moi, rien pour tous », le ton est donné dès la couverture. Un petit écureuil fait son stock pour l’hiver et ne laisse rien aux autres.

Le partage aussi s’apprend

Malgré mon grand âge, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire (oui, oui, lire) cet album souriant, dynamique et mimi tout plein. Je regrette presque de ne pas avoir eu la chance de lire « Petit Poilu’ quand j’avais 5 ans.

Les lecteurs en herbes ont vraiment beaucoup de chance. Je les envie… Pour le coup, je suis jalouse.

Qu’est-ce qui m’empêche de les lire? Il n’y a aucune restriction d’âge.

N’hésite pas à te laisser tenter toi aussi. Que penses-tu d’offrir un Petit Poilu aux petits loulous de ta famille? Cela me semble une bonne excuse pour te plonger dans l’univers de ce petit bonhomme.

Qu’en penses-tu? Déjà sous le charme? Tenté.e par l’expérience? Dis-moi en commentaire ton ressenti sur cette proposition livresque! Hâte d’en discuter avec toi.

Drame·Feelgood·Littérature·Littérature belge·Roman

Là où poussent les coquelicots de Bruno Watelet

Une petite fille au milieu d’un champ de coquelicots…

Une couverture superbe pour ce roman de Bruno Watelet.

Un visuel à l’image de son texte tout en douceur, teinté d’une pointe de nostalgie.

Grâce à ma copine Elodie, j’ai eu l’opportunité de lire « Là où poussent les coquelicots » publié par les éditions de L’Alchimiste.

Cette lecture fut une lecture plaisante même si je dois avouer que par moment, le récit m’a laissée dans une réflexion profonde. Est-ce vraiment crédible? Est-ce qu’une mère peut abandonner son bébé le jour même de sa naissance alors qu’elle était au comble du bonheur à l’idée de sa venue?

C’est en tout cas ce qui arrive à la petite Léa. Quelques heures après sa naissance, sa maman, Nadia, quitte la maternité et disparait. Nadia laisse son bébé aux bons soins de son papa, Sébastien.

Trois ans plus tard, Nadia est toujours absente. Sébastien vit dans le seul but de retrouver la jeune femme. Il n’a plus d’emploi et passe ses journées à enquêter sur la disparition de Nadia. Il l’aime profondément et ne peut accepter son départ.

Il est au bout du rouleau, ne sait plus à quel saint se vouer pour rétablir la vérité sur la disparition de la mère de sa fille. Soudain, une piste s’offre à lui. Trouvera-t-il enfin les réponses à ses questions?

Bruno Watelet signe un roman étonnant. J’y ai vu beaucoup de potentiel.

Les histoires de pères célibataires ne courent pas les rayons des librairies. Alors, en plus, si le papa a quitté son job pour s’occuper de sa petite fille et pour rechercher la mère de cette dernière, je me suis dit « why not »?

Il y a en tout cas de l’idée!

Bruno Watelet développe son intrigue en y incluant de nombreux éléments. C’est là que je me suis dit ok avec cependant un sentiment de trop.

Le sort s’acharne tellement sur ce pauvre homme que je me suis attendue à ce que le pire arrive même à la petite Léa. Ces nombreux malheurs rendent le climat de l’histoire malsain.

Je reste avec quelques réserves sur cette histoire. Je n’aime pas cela. J’ai lu ce roman avec curiosité. Je lui ai trouvé une certaine douceur mais aussi beaucoup de tristesse.

Je sais que d’autres ont aimé ce roman…Il suffit de voir son ratio sur Babelio.

Que penses-tu de lui laisser une chance?

N’hésite pas à commenter cette chronique afin de me donner ton ressenti sur ce livre!

Feelgood·Littérature·Littérature française·roadtrip·Roman

La mémoire de la mésange de Joffrey Gabriel

Joffrey Gabriel s’est glissé sur mon compte #booksta au printemps dernier avec cette fabuleuse couverture colorée et printanière.

« La mémoire de la mésange » bénéficie en effet d’une superbe couverture.

Une petite mésange…si fragile, si douce, si lumineuse est à l’image de la plume de Joffrey. Spontanée et sincère, emplie de sa personnalité, de ses valeurs, de son énergie positive.

« La mémoire de la mésange » est le dernier roman de l’auteur publié par Prisma éditions.

Derrière la mésange se cache l’histoire de Noël Beaupré. Pianiste sur le retour, Noël prend la fuite. Il n’a plus rien à perdre.

Lors d’une visite à sa grand-mère atteinte de la maladie d’Alzheimer , il l’embarque dans un roadtrip vers la maison de son enfance…demeure familiale…

Au passage, il embarque plusieurs personnes en quête elles aussi de sens.

J’ai passé un bon moment en compagnie de Noël, Sandrine, Manon, Jeannine,… J’aime ces romans où les individualités se lient et portent vers un meilleur demain.

Lire « La mémoire de la mésange », c’est s’offrir l’opportunité de prendre du recul sur son propre quotidien.

Ce roman m’a conforté sur ma vision de la fin de vie, sur la nécessité de créer des liens entre le passé et le présent pour aller confiant vers le futur.

Joffrey Gabriel est une personnalité littéraire à ne pas manquer. Lisez-le, écoutez-le...Il pianote aussi bien qu’il n’écrit!

Drame·Historique·Littérature·littérature américaine·Roman

Pour l’honneur de tous les miens d’Amanda Skenandore

Tu es à la recherche d’un roman historique au thème original?

J’ai ce qu’il te faut!

Aujourd’hui, je te propose un roman historique sur les traces de Amérindiens.

Grâce à mon partenariat avec les éditions Faubourg-Marigny, j’ai eu l’opportunité de lire « Pour l’honneur de tous les miens » de l’autrice américaine Amanda Skenandore.

Ce roman est une très belle découverte, pas un coup de cœur…mais un très très bon moment livresque comme je les aime.

D’abord, il y a une découverte. Celle de la plume de l’autrice dont c’est le premier roman traduit en français. Trois autres romans attendent sagement d’être traduits… Laury-Anne, directrice littéraire de la maison d’édition est une dénicheuse de pépites!

Ensuite, il y a un apprentissage. J’adore lire et apprendre en même temps. Dans son roman, l’autrice dévoile le sort réservé aux enfants amérindiens à la fin du XIXe siècle… Comme dans beaucoup de pays colonisés, ces derniers ont été assimilés.

Cela signifie que les blancs ont tout simplement tenté d’effacer l’identité, la langue maternelle, la culture, la religion de ses enfants au profit de la leur. A aucun moment, les Blancs se sont souciés de l’impact de ces agissements sur le développement des enfants.

Enfin, ce livre fait le récit de la vie d’une héroïne, une femme porteuse de convictions et en marge de ce que la société de l’époque peut attendre d’une jeune dame de sa condition. Alma est cette femme. J’adore les histoires où les femmes bousculent les codes.

Eduquée en compagnie d’enfants issus de différentes tribus autochtones, elle reste interdite et perplexe lorsqu’elle apprend que son ami d’enfance, Henri Muskat, est accusé de meurtre. Comment est-ce possible alors qu’Henri était l’élève le plus prometteur de l’établissement?

Cet établissement est celui du père d’Alma: Stover School.

Comment est-ce possible que ce bon élément de l’établissement aux vertus éducatives sans faille ait pu devenir un criminel?

Poussée par la nécessité de porter secours à son ami, elle quitte Philadelphie avec son époux avocat. Ensemble, ils ont décidé de défendre Asku alias Henri.

Ce voyage sera l’occasion pour elle de remonter le passé, d’évoquer cette période aux souvenirs ambivalents et d’ouvrir les yeux sur ce qu’elle refusait obstinément de voir.

« Pour l’honneur de tous les miens » est un très bel hommage à ces hommes et femmes privés de leurs racines au nom de l’unicité.

Amanda Skenandore écrit une fresque en deux temps…1881 et1906. Elle donne la parole à ceux dont l’honneur a été bafoué.

J’aurais voulu que ce roman soit un coup de cœur. Malheureusement, un pas si petit élément m’a empêchée d’atteindre le graal de la lecture parfaite. Ce pas si petit élément est Alma. Bizarre n’est ce pas?

Malgré un investissement certain de sa part et une ouverture à la culture amérindienne, son personnage manquait de profondeur. Je l’ai trouvée fort superficielle et comme dirait Virginie de L’échappée livresque, elle est un peu niaise…

J’espère que malgré elle, tu auras compris que ce roman mérité d’être lu! N’hésite pas à te lancer dans la lecture de « Pour l’honneur de tous les miens ». Tu ne risques rien mis à part d’ourir les yeux sur le passé peu glorieux de notre humanité.

Mais bon…je ne t’apprends rien…

Qu’en penses-tu?

Bonne lecture!

Feelgood·Littérature·Littérature française·Roman·Roman choral

Le bonheur l’emportera d’Amélie Antoine

Connais-tu Amélie Antoine ? As-tu déjà eu l’occasion de lire un de ses romans?

Depuis plusieurs semaines, son avant dernier roman « Le bonheur l’emportera » sorti en mai 2021 chez XO éditions. Il est disponible depuis octobre au format poche chez Pocket.

« Le bonheur l’emportera » est le récit d’une période de vie. Une vie assez banale et classique. Amélie Antoine nous présente une famille. Cette famille est formée par Sophie et Joachim aux personnalités aussi opposées que complémentaires.

Sophie est l’image typique de l’executive woman. Sa came, son adrénaline, elle le trouve dans le boulot. Objectifs, performances, réunions…n’ont aucun secret pour elle. Elle gère à la perfection sa vie professionnelle.

Joachim, lui, bosse à domicile. Porté par ses valeurs, il profite de ses temps libres pour militer activement pour Greenpeace. Le reste du temps, il s’occupe énormément de Maël, leur fils.

Maël est différent. Maël se sent différent. Maël joue un rôle pour correspondre aux attentes de ses parents, de ses camarades, de la société et cela le rend malheureux. Il est mal dans sa peau. L’adolescence approche et les indicateurs sont au rouge.

Sophie et Joachim ont remarqué que leur enfant était différent. Là aussi, leur réaction face aux difficultés est à leur image. Là où Sophie parle de préadolescence et d’efforts à fournir, Joachim voit de la détresse et accueille les ressentis de l’enfant.

Progressivement, le couple s’éloigne. L’écueil se creuse entre les parents. Ils s’opposent et la famille est en danger. Maël est en danger…

Jusqu’où Sophie et Joachim vont-ils aller?

Que va devenir Maël si fragile, coincé entre deux parents chamboulés et en colère?

« Le bonheur l’emportera » a un titre trop mielleux et feel good. En effet, ce roman parle d’un sujet fort et d’actualité: la dysphorie de genre. Amélie traite de ce sujet à travers le regard de Maël, lui qui se sent fille malgré des attributs masculins.

Ce n’est pas tout! Elle traite avec vérité la réaction de deux parents face à la spécificité de leur enfant. Deux points de vue opposés parmi tant d’autres. Cette limitation pourrait paraître caricaturales… Peut-être…

Elle est cependant indispensable pour évoquer la détresse dans laquelle se trouve Maël. Sa détresse est tellement grande. Il est difficile de ne pas prendre fait et cause pour Joachim…et détester le comportement de sa maman, Sophie.

Pourtant, être parents, c’est parfait être stupide…se tromper…faire de mauvais choix…prendre position…sans réaliser que l’on est dans la mauvaise voie. C’est cela aussi être parent. Ne l’oublions pas. L’attitude de Sophie ne signifie nullement qu’elle est une mère inadaptée.

Au contraire, elle souhaite le meilleur pour son enfant. Besoins des uns et des autres ne sont pas toujours compatibles…Malheureusement!

Amélie Antoine met en scène ce trio avec beaucoup de finesse et de sensibilité. Cette lecture est une deuxième expérience et j’ai adoré mes deux lectures. Un sans faute! Je prévois de lire durant ce mois de novembre son dernier roman « Aux quatre vents »! Il m’attend dans ma pal…

Et toi? as-tu déjà lu Amélie Antoine? Quel autre roman de cette autrice me conseilles-tu? Quel est ton ressenti vis à vis du « Bonheur l’emportera ».

Les commentaires sont là pour te laisser t’exprimer.

Je me réjouis de pouvoir en discuter avec toi!

Bonne lecture!

Littérature·Littérature française·Roman

Nous irons mieux demain de Tatiana de Rosnay

As-tu déjà lu Zola?

Moi non…et depuis que j’ai terminé le dernier roman de Tatiana de Rosnay, je me lancerais bien dans la découverte de cet illustre écrivain…classique du XIXe siècle. Auteur engagé.

Je n’ai pas lu toute la bibliographique de Tatiana de Rosnay. Par contre, les livres lus ont été dégusté. « Elle s’appelait Sarah » et « Boomerang » m’ont conquise.

« Nous irons mieux demain » publié en septembre par les éditions Robert Laffont m’a immédiatement emballée. La plume de l’autrice est agréable et maîtrisée. Tatiana sait en quelques lignes harponner le lecteur.

« Nous irons mieux demain » est l’histoire d’une rencontre entre deux femmes, entre deux mondes, entre une lectrice et un écrivain.

Une rencontre brutale.

Dominique est renversée par une voiture sous les yeux de Candice. Candice, sous le choc de cette collision se rend au chevet de Dominique. Peu à peu, un lien se crée entre la mère célibataire de 28 ans et la quinquagénaire sibylline…

Entre bienveillance et incompréhension, les deux femmes vont s’entraider, se conquérir, se repousser. Entre elles surtout va s’immiscer Emile Zola, méconnu de la première et adulé par la seconde.

Entre Candice et Dominique, j’ai basculé. J’ai ressenti. J’ai vibré. Candice n’est pas seule à avoir les sens éveillé par ce fameux Emile, mort il y a 120 ans dans d’étranges circonstances.

En positionnant l’auteur entre ces 2 femmes que rien ne prédestinaient à une rencontre, Tatiana de Rosnay lui offre une nouvelle vie et un véritable coup de projecteur sur son œuvre.

Il n’est pas improbable que je m’offre « Lettres à Alexandrine » et/ou « Lettres à Jeanne Rozerot »…Je pourrais ainsi suivre les traces de Candice et m’offrir un ticket d’entrée vers l’illustre écrivain (effrayant quand même…).

Je suis certaine que je ne suis pas la seule.

Bravo à Tatiana de Rosnay d’amener ses lecteurs à cette découverte.

Il n’y a pas qu’Emile Zola dans ce roman. Il y a surtout des femmes. Fortes et fragiles à la fois. Elles font de leur mieux. Elles affrontent les moultes difficultés du quotidien. Elles peinent parfois à trouver leur place dans cette société planifiée, calculée.

Dans cet univers où il faut entrer dans les cases proposées, avoir les bons comportements, se plier aux règles, Candice peine à se plier aux dictats…tout comme Dominique. La personnalité de Dominique est forte et invasive.

Candice vit une vie loin de ses aspirations initiales. Je me suis reconnue en elle. Quelle est la place de ceux et celles qui ont le cœur sur la main? Combien de fois n’ai-je pas entendu « Protège-toi »?

Candice aussi l’entend. Elle doit se méfier de la seule personne qui est bienveillante et présente auprès d’elle alors que ses proches sont aveugles à ses souffrances.

Dominique est une personne entière. Elle se donne corps et âme. Elle empiète sur le domaine des autres. Elle semble froide et calculatrice…qu’y a-t-il derrière les apparences?

J’ai été touchée par l’humanité donnée par l’autrice à ces deux femmes.

Ce livre mérite d’être lu pour se rappeler que derrière les apparences un cœur bat, une âme palpite. Derrière une façade souriante existe le chagrin. Les cicatrices des mots, des actes des autres sont indélébiles.

Parfois, face à la carence de bienveillance de nos contemporains, il est plus simple de chercher le réconfort dans des comportements qualifiés de folie ou de troubles de l’humeur…

Et si la folie était d’ignorer la souffrance, de la laisser grandir et de ne pas voir l’étincelle d’espoir dans les yeux d’autrui?

Audio·Drame·Feelgood·littérature américaine·livre audio·Roman·Romance

Dans cinq ans de Rebecca Serle

Que se passera-t-il dans 5 ans? Où serons-nous? Aurons-nous pris ou perdu quelques kilos? Vivrons-nous toujours au même endroit? Pratiquerons-nous le même métier? Serons-nous heureux? Aurons-nous des enfants? Auront-ils quitté le nid?

Dans cinq ans, l’univers des possibles est infini. J’aime m’imaginer le meilleur. Le pire est peut-être à la porte…qui sait?

Dans cinq ans, je me souviendrai certainement de cette lecture audio dévorée en quelques jours au printemps dernier. Dans ces moments où la légerté s’impose d’elle-même… Mon choix a été facile et sans regret.

Jolie couverture, retours positifs sur #bookstagram, crédit audio en suffisance, je me suis lancée dans l’écoulecture de « Dans cinq ans » de Rebecca Serle publié en janvier 2022 chez Charleston.

Pour ce qui est de la détente, j’ai un peu surestimé le récit. Pour le reste, la lectrice choisie fait le job. Il y est question d’amour. La couverture donne le ton, c’est indiqué en toutes lettres: « C’est une histoire d’amour. Mais ce n’est pas celle que vous attendiez.’

Je confirme.

Je suis immédiatement entrée dans ce récit. La lectrice a une voix agréable, un rythme et un jeu d’acteur adaptés. Le texte est de qualité, simple et absolument pas niais.

« Dans cinq ans » est une histoire d’amitié aux notes de feel good.

Debbie, avocate à New York a la vie dont elle rêvait. Le job et le petit ami de ses rêves. Oui. Jusqu’ici, j’en conviens, c’est plutôt cliché.

Un matin, alors que tout va parfaitement bien, elle se réveille 5 ans plus tard. Cette vision de sa vie un lustre plus tard la perturbe profondément.

Tu veux savoir pourquoi?

Lis ou écoulis ce livre que j’ai dévoré. Cette lecture te fera un bien fou surtout si tu es à la recherche de plaisir. Ce livre risque par compte de te chambouler, de te questionner, de t’exaspérer aussi un mini peu par moment.

Ce livre est impossible à lâcher. En audio, j’ai dû m’inventer des tâches ménagères pour justifier mes temps d’écoute.

Le thème a, c’est vrai, déjà été revisité en long, en large et en travers.

Tu as envie de découvrir le destin de Debbie? Tu sais ce qu’il te reste à faire…

Bonne lecture!

Drame·Feelgood·Littérature française·Roman·Roman choral

Ainsi gèlent les bulles de savon de Marie Vareille

Si il y a bien une autrice à tenir à l’œil, c’est bien Marie Vareille.

Depuis quelques années, cette française résidant aux Pays-Bas est très prolifique et offre chaque année un texte de plus en plus puissant.

Depuis « Elia, passeuse d’âme » ou « Ma vie, mon ex et autres calamités », Marie a développé sa plume et écrit des histoires à chaque fois plus profondes.

J’avais adoré « La vie rêvée des chaussettes orphelines », j’ai aimé « Ainsi gèlent les bulles de savon ». Ce roman a été publié par les éditions Charleston en 2021. Il est disponible au format poche chez le même éditeur.

Un roman sur la maternité. Sur ce qu’elle a de plus beau, sur ce qu’elle a de plus difficile, sur ce qu’on n’en dit pas.

Etre maman est à la fois naturel et complexe.

A travers la vie de plusieurs femmes, Marie Vareille nous force à ouvrir les yeux sur la maternité vraie. Pas celle dictée par les valeurs, les croyances, les réseaux sociaux.

Non.

Celle qui nous broie les tripes, nous élève au meilleur et nous fait toucher le pire de nous-même.

J’ai aimé me glisser dans ce roman doux et vrai.

Retrouver Marie Vareille dans récit sensible, juste et simple m’a touchée.

Que celui qui pense que la littérature feel good est de moindre valeur me jette la première pierre. La lecture se doit d’être émerveillement. Elle émeut. Elle propose moultes découvertes. Puis surtout, elle nous fait vibrer.

Mission accomplie! Merci Marie!

Audio·Fantastique·Historique·Littérature française·livre audio·Roman·Thriller

Widjigo d’Estelle Faye

En cette période où monstres et autres joyeusetés ont la côte, tu te sens peut-être l’envie de lire un petit quelque chose de différent. Si c’est le cas, fonce vers ce roman historique aux allures horrifiques et fantastiques.

« Widjigo » d’Estelle Faye est sorti il y a un an chez Albin Michel imaginaire.

Lors de cette lecture, c’est certain, tu n’échapperas ni aux frissons, ni aux sueurs froides.

Rien ne me prédestinait réellement à lire ce roman. Je dois d’ailleurs toujours lire « L’arpenteuse de rêves » de la même autrice, dans ma wishlist depuis bien longtemps. Il a suffi d’une proposition de SP de la part d’Audiolib pour que je plonge les yeux fermés dans ce roman.

Je n’ai pas pu les garder clos bien longtemps…Comme le jeune lieutenant Verdier, je me suis engouffrée dans ce vieux château breton…Pourtant, moi, je ne devais pas capturer ce fameux Justinien de Salers… Je ne suis pas en 1793…Non…non…je suis bien en 2022…enfin je crois.

Je dois avouer qu’à plusieurs reprises, j’ai voulu laisser cet audio sur le côté, j’ai moi aussi été envouté par l’ambiance oppressante, par le récit d’un voyage au cœur des terres encore vierges de Terre-Neuve.

Dans ce livre, il est question de nature, d’embruns, de mystères et de monstres… Le tout est lu avec beaucoup de talent par l’autrice elle-même. Au départ, c’est surprenant car il s’agit d’un récit conté par un homme…

Tu dois bien te douter que cette dernière sait exactement où porter l’attention, l’intonation, le questionnement. Bref, Estelle Faye offre au texte une dimension inédite et unique. L’ensemble est surprenant et prolonge l’imaginaire du texte.

Malgré cette lecture de qualité, je dois me faire une raison. L’imaginaire ce n’est pas mon monde. Les univers trop éloignés du mien me perdent en général. J’adore l’idée d’un roman historique fantastique. Ici, je n’ai malheureusement pas pu y trouver mes marques…

Ou alors, peut-être un peu trop…et je crains que le widjigo n’existe réellement…