Littérature·Littérature française·Roman

Nous irons mieux demain de Tatiana de Rosnay

As-tu déjà lu Zola?

Moi non…et depuis que j’ai terminé le dernier roman de Tatiana de Rosnay, je me lancerais bien dans la découverte de cet illustre écrivain…classique du XIXe siècle. Auteur engagé.

Je n’ai pas lu toute la bibliographique de Tatiana de Rosnay. Par contre, les livres lus ont été dégusté. « Elle s’appelait Sarah » et « Boomerang » m’ont conquise.

« Nous irons mieux demain » publié en septembre par les éditions Robert Laffont m’a immédiatement emballée. La plume de l’autrice est agréable et maîtrisée. Tatiana sait en quelques lignes harponner le lecteur.

« Nous irons mieux demain » est l’histoire d’une rencontre entre deux femmes, entre deux mondes, entre une lectrice et un écrivain.

Une rencontre brutale.

Dominique est renversée par une voiture sous les yeux de Candice. Candice, sous le choc de cette collision se rend au chevet de Dominique. Peu à peu, un lien se crée entre la mère célibataire de 28 ans et la quinquagénaire sibylline…

Entre bienveillance et incompréhension, les deux femmes vont s’entraider, se conquérir, se repousser. Entre elles surtout va s’immiscer Emile Zola, méconnu de la première et adulé par la seconde.

Entre Candice et Dominique, j’ai basculé. J’ai ressenti. J’ai vibré. Candice n’est pas seule à avoir les sens éveillé par ce fameux Emile, mort il y a 120 ans dans d’étranges circonstances.

En positionnant l’auteur entre ces 2 femmes que rien ne prédestinaient à une rencontre, Tatiana de Rosnay lui offre une nouvelle vie et un véritable coup de projecteur sur son œuvre.

Il n’est pas improbable que je m’offre « Lettres à Alexandrine » et/ou « Lettres à Jeanne Rozerot »…Je pourrais ainsi suivre les traces de Candice et m’offrir un ticket d’entrée vers l’illustre écrivain (effrayant quand même…).

Je suis certaine que je ne suis pas la seule.

Bravo à Tatiana de Rosnay d’amener ses lecteurs à cette découverte.

Il n’y a pas qu’Emile Zola dans ce roman. Il y a surtout des femmes. Fortes et fragiles à la fois. Elles font de leur mieux. Elles affrontent les moultes difficultés du quotidien. Elles peinent parfois à trouver leur place dans cette société planifiée, calculée.

Dans cet univers où il faut entrer dans les cases proposées, avoir les bons comportements, se plier aux règles, Candice peine à se plier aux dictats…tout comme Dominique. La personnalité de Dominique est forte et invasive.

Candice vit une vie loin de ses aspirations initiales. Je me suis reconnue en elle. Quelle est la place de ceux et celles qui ont le cœur sur la main? Combien de fois n’ai-je pas entendu « Protège-toi »?

Candice aussi l’entend. Elle doit se méfier de la seule personne qui est bienveillante et présente auprès d’elle alors que ses proches sont aveugles à ses souffrances.

Dominique est une personne entière. Elle se donne corps et âme. Elle empiète sur le domaine des autres. Elle semble froide et calculatrice…qu’y a-t-il derrière les apparences?

J’ai été touchée par l’humanité donnée par l’autrice à ces deux femmes.

Ce livre mérite d’être lu pour se rappeler que derrière les apparences un cœur bat, une âme palpite. Derrière une façade souriante existe le chagrin. Les cicatrices des mots, des actes des autres sont indélébiles.

Parfois, face à la carence de bienveillance de nos contemporains, il est plus simple de chercher le réconfort dans des comportements qualifiés de folie ou de troubles de l’humeur…

Et si la folie était d’ignorer la souffrance, de la laisser grandir et de ne pas voir l’étincelle d’espoir dans les yeux d’autrui?