Cosy Mistery·Historique·littérature américaine

Une enquête de Beatrice Hyde-Clare: Une insolente curiosité de Lynn Messina

Une nouvelle série de Cosy Mistery est disponible chez Les Escales dans leur collection Séries.

Fais-tu partie des lecteurs qui se sont laissés happer par la vague de cosy mistery qui défrelle sur la France depuis plusieurs mois.

Tu ne vois pas de quoi je parle? Mais si, ces enquêtes menées par des personnages lambas! Toujours aucune idée?

Le genre du cosy mistery a débarqué dans nos librairies en 2016 avec Agatha Raisin. Depuis quelques mois, d’autres titres et séries diverses pululent dans les librairies.

En mai dernier, les éditions « Les Escales » ont sorti les deux premiers tomes des « enquêtes de Beatrice Hyde-Clare » de Lynn Messina, une autrice new-yorkaise.

Cet été, j’ai eu l’opportunité de découvrir le premier tome de cette série intitulé: « Une insolente curiosité ».

Le deuxième « Une scandaleuse supercherie » est dans mon HAL (Himalaya à lire).

Le troisième tome sort jeudi prochain (13/10) et s’intitulera « Une infâme trahison ».

6 tomes sont prévus.

De la grosse pomme où elle vit, Lynn Messina ne s’est pas inspirée pour rédiger les enquêtes de Beatrice Hyde-Clare.

Beatrice Hyde-Clare vit à l’époque de la Régence anglaise au début du 19ème siècle. Epoque faste pour l’aristocratie dont fait partie notre héroïne de 26 ans, Anglaise, célibataire et orpheline vivant au

Le format de la série est agréable, entre un broché et un poche.

Lors d’un séjour à la campagne, Beatrice trébuche sur le corps sans vie d’un hôte de la maison.

Déjà pointée du doigt pour son célibat tardif, Beatrice se lance malgré tout dans une enquête afin de découvrir le meurtrier du malheureux Otley.

Difficile de ne pas choquer les âmes pures et de respecter les codes de la bonne société puritaine.

Surtout quand le très séduisant duc de Kesgrave est lui aussi mêlé à l’affaire.

Le résumé de l’éditeur…

Malgré un pitch attirant, un univers à la Bridgerton (en moins coloré quand même), « Une insolente curiosité » n’a pas réussi à me convaincre totalement.

J’ai passé un agréable moment de lecture. Cependant, cette époque ne me convient visiblement pas trop.

La position des femmes, cette ambiance puritaine et médisante, ces faux semblants m’énervent…

C’est plus fort que moi. Je ne comprends pas ces femmes qui n’ont rien à faire d’autre que de boire du thé, critiquer les autres et broder…

Une petite mise en bouche…

Le personnage de Beatrice par contre est à l’opposé de l’univers décrit. Elle est vraiment née à la mauvaise époque.

Beatrice n’a pas froid aux yeux. Son personnage est frais. A elle seule, elle ajoute une dose de peps au récit.

Le ténébreux duc m’a quant à lui laissée plus de marbre. Sera-t-il présent dans la suite de la série? Montrera-t-il une autre facette de sa personnalité que cette façade arrogante et condescendante?

Plus qu’à lire la suite pour le savoir…

Si tu es fan des cosy mistery et de l’époque de Jane Austen, offre-toi ces petits romans sympas, au format entre le poche et le grand format.

En plus, les couvertures sont jolies… La troisième sera rose!

Alors tu te lances?

Bonne lecture!

Fantastique·Historique·littérature américaine·Saga·Saga familiale

Blackwater: La crue de Michael McDowell

Ce roman des années 80 réédité par les éditions Monsieur Toussaint Louverture fait le buzz!

Je t’entends, toi le.a sceptique.

Celui.le qui pense trop fort.

Je t’entends te dire mentalement: « Encore une qui a succombé au matraquage et à la campagne marketing sans faille des éditions Monsieur Toussaint Louverture ».

Pense ce que tu veux.

Tu as grandement raison.

Et tu sais quoi?

J’ai kiffé à donf!

Premier de 6 tomes, La crue est un petit bijou visuel.

Blackwater est absolument partout depuis des semaines sur #bookstagramfrance. Tout le monde ou presque vente cette fabuleuse couverture (les autres sont canons également), cette histoire, ce découpage…

J’avais deux options:

Option 1: fuir

Option 2: me faire mon propre avis

Je n’ai pas résisté à la beauté de l’objet, à l’histoire intrigante, au format poche léger et pratique, au prix mini de 8, 40€ le livre… Comment ne pas succomber à ce merci écrit juste à côté du prix?

Et tu sais quoi? J’ai bien fait.

Un petit aperçu…

Dire que j’ai été emportée dès les premières pages serait un pieux mensonge.

Non, non.

La magie Blackwater a progressivement pris possession de moi.

Son atout coeur est sans hésitation le personnage d’Elinor.

Sortie de nul part, la jeune femme aux cheveux de feu est une des rescapées de la crue. L’eau est sortie de son lit et a inondé la ville de Perdido (mais quel nom…) en Alabama.

Nous sommes en 1919, à la croisée entre deux ères… La première guerre mondiale a tiré un trait sur les vestiges du 19ème siècle. Sauvée des eaux ou presque, Elinor s’installe dans la ville.

Elle conquiert le coeur de tous les habitants…à l’exception de celui de Mary-Love. Notable de la ville, Mary-Love Caskey est la mère de l’héritier de la scierie. Elle voit d’un mauvais oeil l’attachement de son fils Oscar pour cette Elinor venue de nul part.

A-t-elle raison d’y voir un mauvais présage?

Le résumé de l’éditeur

Tout au long de ma lecture, j’ai mordu de plus en plus à l’hameçon. Je suis à présent tout à fait accro et j’ai envie de savoir qui est vraiment Elinor? Quelles sont ses réelles motivations?

L’écriture de Michael McDowell est agréable et envoutante. A l’image de cette jeune femme mystérieuse…

Alors? Prêt.e à te laisser posséder par Blackwater? Plutôt réservé.e face à cette folie littéraire? Dis-moi tout!

Essai·Historique·livre audio

Les grandes oubliées: Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes de Titiou Lecoq

J’ai eu la chance de découvrir ce superbe essai grâce à Audiolib et Netgalley

Ces derniers temps, notre monde n’épargne pas les femmes. Malgré les lois, malgré les promesses, malgré les combats menés, les femmes restent encore invisibles.

Leurs cris ne sont pas entendus. Leurs douleurs ne sont pas comprises. Leurs talents ne sont pas reconnus à leur juste valeur. Prends le temps de lire les commentaires en dessous des posts traitant des droits de femmes…Certains sont à vomir.

Sur l’histoire de l’Humanité, il est complexe de s’imaginer le rôle des femmes à travers les époques. Nous les imaginons dans les grottes de la préhistoire à couver leur nombreuse progéniture en même temps que le feu de la tribu.

La version papier est éditée par L’Iconoclaste.

A l’Antiquité, elles étaient lacives à Rome ou soumises à Athènes.

Au Moyen-Age, elles étaient bien à l’abri de hauts donjons, telles Raiponce, elles guettaient à travers les meurtrières le retour de leurs preux chevaliers…

Pour chaque époque, il est assez aisé de trouver une image de femmes dociles. Pourtant, il semblerait bien que la réalité des époques étaient bien différente de celle décrite dans nos manuels scolaires.

Dans son excellent essai « Les grandes oubliées, pourquoi l’Histoire a effacé les femmes » publié par L’Iconoclaste en version papier et adapté en audio par Audiolib , Titou Lecoq tente de remettre les pendules à l’heure.

La version audio est lue par l’autrice elle-même!

Elle réécrit ou rétablit l’Histoire avec succès en tenant compte de toutes ces sources et documents historiques mis volontairement de côté par la gente masculine bien pensante.

Pour ma part, j’ai eu la chance de découvrir la version audio. J’ai beaucoup aimé la lecture faite par l’autrice, elle-même. Une lecture par l’auteur.trice est pour moi un gage de réussite. Objectif atteint à la perfection!

Un fond sonore accompagne cette lecture au côté particulier. Il n’y a aucune longueur dans cet essai. Pas de temps morts. L’Histoire se déroule dans nos oreilles et la lecture en dynamise encore la véracité.

Fonce découvrir cet essai enrichissant!

A chaque écoute, j’avais l’impression d’aller rejoindre une copine ou un groupe de femmes. L’une d’entre elles nous partageait ses connaissances, ouvrait le débat, nous poussait dans nos retranchements, nos réflexions.

Ce livre est intéressant et instructif. Il me fait voir ma féminité différement. Il m’a chamboulé et a mis en mots certains choses que je devinais mais que notre monde rendait impossibles.

Non, les femmes n’ont pas toujours été des rôles secondaires. Non, les femmes n’ont pas toujours été dans l’ombre des hommes… Tu es comme moi? Tu t’en doutais un peu? Voir même beaucoup?

Que ce soit en audio ou sous son format papier, je te conseille de ne pas passer à côté de ce livre hyper important.

Eclairer nos croyances, améliorer nos connaissances, nous tenir informées est plus qu’indispensable dans ce monde qui modifie les droits des femmes en fonction des convictions philosophiques ou religeuses d’une poignée d’hommes.

Alors partant.e?

Littérature

La carte postale d’Anne Berest

Un des best sellers de la rentrée littéraire 2021

Envoies-tu encore des cartes postales? Quelle est la dernière que tu aies reçue?

Ma dernière carte postale, je me la suis offerte avec mes étrennes en ce début d’année. Un cadeau de moi à moi fortement influencé par #booksta.

« La carte postale » d’Anne Berest est l’une des sorties phare de la rentrée littéraire automnale de 2021. Un roman autobiographique porteur d’un lourd passé familial.

« La carte postale » est un accouchement douloureux.

En l’écrivant, Anne Berest met à la lumière les secrets de sa famille. Ils ne sont pourtant pas honteux ces secrets. Ils étaient juste trop lourds à porter pour la grand-mère de l’autrice.

Ce roman nous le devons à une carte postale. Une simple carte pas très jolie de l’Opéra Garnier à Paris. Une carte expédiée le 4 janvier 2003 de la poste centrale du Louvre à Paris.

Tu retrouves d’ailleurs cette carte sur le bandeau du roman…et pour une fois, je te conseille de conserver ce bandeau précieusement car il fait entièrement corps avec le récit.

Au dos de cette carte, quatre prénoms: Ephraïm, Emma, Noemie et Jacques.

Cette carte postale arrivera en ce début 2003 mélangée aux courriers et autres publicités dans la boite aux lettres de la mère de l’autrice. Elle restera en suspens dans l’esprit de cette dernière.

Puis un jour, la fille d’Anne lui dira qu’à l’école, les Juifs ne sont pas les bienvenus. L’autrice se dira alors, qu’il est temps pour elle de découvrir qui sont ceux qui se cachent derrière ces 4 prénoms et surtout pourquoi cette carte est arrivée jusqu’à sa mère.

Ce roman est le point final de l’enquête qu’Anne a menée avec sa mère, avec sa soeur (Claire également autrice) et avec le soutien d’un détective privé…et d’un criminologue.

Ce roman n’est pas une Xe histoire de famille victime de la folie d’Hitler. Ce roman parle du génocide bien entendu mais il parle également de l’avant et surtout de l’après.

Ce roman réhabilite des hommes et des femmes dans une histoire familiale. Eux qui ont été englouti par les démons d’une époque (démons qui sont à nouveau à nos portes) reprennent vie sous la plume de l’une de celle qui est un part d’eux-même.

J’ai particulièrement apprécié la construction littéraire du récit qui n’est pas centrée sur la souffrance ou l’incompréhension. Anne Berest nous présente des humains. Elle nous conte des vies.

Elle nous raconte des personnes qui avaient des projets, des personnalités, de l’ambition. Il n’aura fallu que la peur et la politique pour les effacer de nos mémoires. Pour taire ce qu’ils étaient…

La souffrance de ceux qui restent et la culpabilité d’être vivant malgré tout a fait le reste.

Ce roman explique l’errance juive. Cette recherche d’une terre d’accueil qui n’est pas sans rappeler les flots de migrants qui arrivent à nos frontières après avoir été déboutés de partout.

Ce roman tisse un lien entre le passé et le présent. Il présente l’impact que la shoah a eu sur ces familles brisées. Il est question de lever le voile, de reserrer les liens entre les générations.

Dans ce roman, chaque génération a enfin l’occasion de s’affirmer, de se dire et de se raconter en y incluant cette identité juive qui était devenue une ombre. Ce n’est pas un outil de propagande.

Ce n’est pas étonnant que « La carte postale » ait reçu le prix Renaudot des lycéens 2021. Le récit est totalement accessible à de plus jeunes lecteurs. Il offre aux adultes de demain une immersion dans le passé.

Il n’est pas question ici de livre d’Histoire. Il n’est pas question de devoir de mémoire absolu. Il n’est pas question de morale. Il est question de compréhension, de femmes perdues dans les inconnues de leur passé familial.

Avoir une identité de nos jours est souvent un parcours difficile. Nos anciens ne se racontaient pas. Ils taisaient leurs souffrances car ils avaient appris à être forts, à donner le change.

De nos jours, nous sommes beaucoup plus tournés vers l’humain, vers la compréhension, vers le partage, vers la nécessité de transmettre comme cela s’est fait pendant des milliers d’années.

Ce livre raconte avec les yeux d’une femme de 40 ans une histoire tue, l’histoire de sa famille. Histoire, que sa grand-mère, Myriam seule survivante, n’a pas eu la force de transmettre.

Les Rabinovitch sont une famille unie. Juifs peu pratiquants, ils ont traversé l’Europe au départ de la Russie pour s’installer et construire leur futur. Ils ont même fait une halte en Palestine avant de s’installer à Paris.

Malgré une volonté de s’intégrer, de devenir français, de participer à l’essor de leur pays d’accueil, Ephraïm, Emma et deux de leurs enfants seront assassinés en 1942 à Auschwitz.

Ce roman est celui d’Anne, femme du 21ème siècle. Elle cherche à intégrer le mot « Juif » dans son monde laïque.

J’ai dévoré ce roman en partie lors de mon séjour à Paris en mars. Le lire là où une partie de l’intrigue se déroule a donné une dimension supplémentaire de justesse et de vérité à ma lecture.

Si ce livre n’a pas encore attiré ton attention, il est encore temps de le glisser sous ton bras lors de ton prochain passage en librairie.

Si tu l’as déjà lu, qu’en as-tu pensé? Le conseilles-tu?

Dis-moi tout, histoire d’assouvir ma curiosité et mon besoin de partage.

Belle lecture!

Divers

Chronique littéraire – Patrick Weber raconte les princesses de Belgique

T’intéresses-tu à l’histoire de ton pays? L’histoire royale belge n’est pas très longue en comparaison avec celle de France. Cependant, la royauté belge règne et ne gouverne pas depuis près de 200 ans…190 pour être plus exacte…

Le premier roi, Léopold de Saxe-Cobourg a prêté serment le 21 juillet 1831. Près de 191 ans, c’est pas mal quand on y pense. Le roi (ou dans le futur la reine) des Belges reste un des derniers souverains européens encore assis sur le trône.

Un sacré défi dans un petit pays construit sur une mosaïque de 3 communautés au lendemain d’une révolution!

En Belgique, nous avons nos particularités comme notre acccueil, une certaine bonhommie, nos frites (accompagnées de moules ou d’un bon steak de boeuf).

En Belgique, nous avons aussi Patrick Weber. Patrick Weber pourrait être notre Stéphane Bern à nous. Journaliste, historien de l’art, scénariste et romancier, il a écrit pas moins de 30 livres.

Ses écrits vont de romans policiers aux romans historiques…Sans compter les scénarios de bandes dessinées ou de romans graphiques. Quel que soit le genre littéraire, chaque publication a une vocation historique et bien souvent une touche de royauté.

Depuis plusieurs années, l’auteur est d’ailleurs chroniqueur royal dans divers magazines (et même à une époque dans une émission télé sur une chaîne belge).

Avec cette biographie éditée par les éditions Kennes et disponible chez les meilleurs libraires, Patrick Weber nous conte les princesses de Belgique. Ces femmes qui ne pouvaient pas régner en vertu de la loi salique datant de Clovis…

Cette loi stipule que seuls les descendants mâles peuvent régner.Sur les 11 princesses présentées dans le livre, seule Elisabeth, la fille de Philippe et Mathilde, nos roi et reine actuels sera reine des Belges. Elle a 20 ans.

Peut-être te demandes-tu quel est l’intérêt d’une telle lecture…

Ne te méprend pas! Ici, il n’est pas question de crinoline. Nous ne sommes pas dans un épisode de la chronique de Bridgerton. La vie de princesse était loin d’être rose. Ces femmes n’avaient selon les époques que la valeur d’une alliance bénéfique pour leur pays ou la couronne.

Mariées de force, elles étaient facilement considérées comme mentalement instables si elles ne se pliaient pas aux désirs de leur père. Il est instructif de découvrir leur destin respectif. A chaque époque sa spécificité…

A travers ces 11 princesses, le lecteur ressent fortement l’évolution de la société et la place de la femme dans celle-ci.

En 2002, Patrick Weber écrivait déjà un premier livre sur le même thème. Il s’intitulait « Dix princesses » et était édité par les éditions Racines. Je l’ai dans ma bibliothèque car les histoires de princesses m’intéressent.

Je l’ai encore vu dernièrement en bouquinerie. Les 2 livres se complètent. Le dernier est plus romancé et apporte un regard plus orienté sur la place de ces princesses dans leur époque respective.

Même si tu n’s pas un.e grand.e admirateur.trice de la famille royale, la lecture de ce recueil peut t’offrir une perspective différente sur l’histoire de la Belgique.

Alors? Qu’en penses-tu? Es-tu intéressé par ce type de lecture? Es-tu un.e passionné.e de l’Histoire? Cette lecture te tente-t-elle? Dis-moi tout et n’hésite pas à partager ton avis en commentaire.

Bonne lecture!