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La ritournelle d’Aurélie Valognes

La Ritournelle est le dernier roman d’Aurélie Valognes sorti en mars 2022 chez Fayard.

Cet été, certain.es se sont rafraîchi.es grâce aux services presse ou autres beta lectures au thème dépaysant de Noël! Cela peut paraître déroutant en plein été caniculaire ou pas de se plonger dans l’univers des fêtes de fin d’année en plein milieu de celle-ci!

Perso, il m’arrive de lire un roman de Noël au cours de l’été… En général, j’en lis un par an. En pleine canicule, les bons sentiments et les chutes de neige font du bien.

Certes, c’est un peu décallé voir même plutôt conceptuel comme idée. Pourtant, j’aime bien. Fais-je partie d’une frange particulière de la population lectrice de #bookstagram?

J’ai écoulu ce roman en audio! Merci Audiolib!

Quand Audiolib m’a proposé la lecture audio du dernier roman d’Aurélie Valognes, je ne m’attendais pas à me retrouver en plein réveillon de Noël…

Ok…je n’avais pas réellement investigué…

Par expérience, je sais que je peux lire cette autrice les yeux fermés. « La Ritournelle » était une lecture safe à mes yeux. J’y ai donc été les yeux fermés. J’étais convaincue de passer un bon moment.

Résumé de l’éditeur

Le résumé en quatrième évoquait des repas de fêtes…Je n’avais pas pensé atterrir un 24 décembre dans une famille comme la mienne ou presque.

C’est incroyable comme Noël, fête chrétienne, sensée être une fête de paix est finalement une fête méga stressante.

Rien que la course aux victuailles, aux cadeaux, aux invitations.

Rien que cette obligation de se réunir chaque année avec les même personnes est une grosse source de stress pour un grand nombre de personnes. A la fois, on rêve Noël et on cauchemarde Noël.

Très souvent, Noël est loin d’être à la hauteur de nos attentes.

Dans « La ritournelle », Aurélie Valognes exploite ces fêtes gâchées, celles que nous avons tous frôlées ou vécues à un Noël ou l’autre.

J’ai passé un excellent moment d’écoulecture grâce à cette comédie aux teintes cinématographiques. Il y a dans ce roman un petit peu du film « Le prénom ».

Il est difficile de ne pas reconnaître l’une ou l’autre connaissance dans les personnages de ce repas de famille qui tourne à la catastrophe. Certains y verront des caricatures. Peut-être mais ça n’enlève en rien le plaisir de la lecture.

J’ai beaucoup souri. Mon cerveau a transformé ce récit parfaitement lu par François Berland en un film dynamique. François Berland était déjà le lecteur méritant des « Tourbillons de la vie » que j’avais apprécié l’an passé.

Je vous conseille la lecture ou l’écoulecture de ce roman. Sous des airs de comédie, il soulève certaines vérités, les encore trop nombreux non-dits encore présents dans nos familles, les différences de génération et les chocs qu’elles génèrent…

Même en pleine canicule, la légerté du dernier roman d’Aurélie Valognes te soufflera une frâicheur bien venue…et à l’approche de l’automne, un petit avant-goût des fêtes à venir!

Bonne (écou) lecture!

Feelgood

Luna de Serena Giuliano

Luna est le troisième roman de Serena Giuliano

Il est parfois compliqué de suivre le rythme frénétique des sorties littéraires..

Chaque semaine, des dizaines de romans sortent et il n’est pas simple de suivre le tempo.

Du coup, il y a certains auteurs que je lis en décalage complet par rapport aux sollicitations des réseaux sociaux.

C’est le cas de Serena Giuliano et de son troisième roman « Luna« , sorti au printemps 2021 aux éditions Robert Laffont.

Luna est sorti en poche au printemps 2022

J’ai attendu la sortie poche au Livre de poche pour découvrir ce troisième opus de l’autrice aux origines italiennes.

Comme « Ciao Bella » et « Mamma Maria », Luna fait la part belle à l’Italie, ce pays que Serena a quitté au début de l’adolescence.

Les romans de l’autrice parlent de la vie, de son pays. Ses personnages sont porteurs d’émotions et de défis à relever.

Chaque livre aux connotations feelgood est un partage de valeurs chères à Serena (enfin je crois).

Luna est une jeune femme qui retourne à Naples, sa ville d’origine.

« Luna » ne fait pas exception à la règle.

Au rythme de citations italiennes comme « O cane mozzeca’o stracciato »*, nous partons à Naples.

La célèbre cité méditerranéenne est connue pour ses pizzas (miam miam), sa vue sur le Vésuve ou la mer, son histoire antique…

Le célèbre jeu Assassin’s Creed y a placé une partie de l’intrigue d’une de ses versions du jeu.

Comme tu peux le voir, Luna est dans la sélection 2022 du prix des lecteurs

Naples, Luna y est née et y a grandi jusqu’à ce que ses parents se séparent.

Lorsque son père est gravement malade, elle y retourne les pieds lourds. Sa vie est à Milan…mais si elle n’y va pas, elle, la fille de cet homme qui frôle la mort, qui ira?

De Naples, elle a gardé peu de bons souvenirs.

Et si finalement, ce séjour forcé permettait à Luna de se réconcillier avec cette ville?

Le résumé de l’éditeur.

« Luna » est exactement le genre de lecture à se mettre sous la dent quand un besoin de légerté s’impose.

Ce n’est pas que l’histoire soit particulièrement légère. Ce qui est léger est la plume de Serena.

Une écriture agréable, drôle, sensible.

L’autrice parvient une fois encore à nous téléporter dans ce pays qu’elle aime.

Chaque page transpire de cet amour.

A chaque roman, j’ai envie de prendre le premier avion, de partir dans la botte italienne, de me gaver de cocktails à base de limoncello, de pizzas, de jambon fumé, de glaces…de soleil…de culture…de sourires…

Pas certaine que ce soit pour cette année. Il est donc plus que probable que je me plonge cet été dans son nouveau roman.

Il y a une belle progression dans l’écriture de l’autrice même si j’avoue avoir un peu deviné certaines choses.

Par contre, quel délice de retrouver le chat de Selena sous les traits de Filomena.

Ce n’est pas pour rien que pour certains, les chats sont associés au mal.

Je ne suis certainement pas la seule à avoir ri.

Je te propose donc si ce n’est déjà fait de t’offrir pour 7,70€ un séjour à Naples…plaisir…détente…soleil…rebondissement…garantis!

Bonne lecture!

* Le chien mord le mendiant.
Littérature

La carte postale d’Anne Berest

Un des best sellers de la rentrée littéraire 2021

Envoies-tu encore des cartes postales? Quelle est la dernière que tu aies reçue?

Ma dernière carte postale, je me la suis offerte avec mes étrennes en ce début d’année. Un cadeau de moi à moi fortement influencé par #booksta.

« La carte postale » d’Anne Berest est l’une des sorties phare de la rentrée littéraire automnale de 2021. Un roman autobiographique porteur d’un lourd passé familial.

« La carte postale » est un accouchement douloureux.

En l’écrivant, Anne Berest met à la lumière les secrets de sa famille. Ils ne sont pourtant pas honteux ces secrets. Ils étaient juste trop lourds à porter pour la grand-mère de l’autrice.

Ce roman nous le devons à une carte postale. Une simple carte pas très jolie de l’Opéra Garnier à Paris. Une carte expédiée le 4 janvier 2003 de la poste centrale du Louvre à Paris.

Tu retrouves d’ailleurs cette carte sur le bandeau du roman…et pour une fois, je te conseille de conserver ce bandeau précieusement car il fait entièrement corps avec le récit.

Au dos de cette carte, quatre prénoms: Ephraïm, Emma, Noemie et Jacques.

Cette carte postale arrivera en ce début 2003 mélangée aux courriers et autres publicités dans la boite aux lettres de la mère de l’autrice. Elle restera en suspens dans l’esprit de cette dernière.

Puis un jour, la fille d’Anne lui dira qu’à l’école, les Juifs ne sont pas les bienvenus. L’autrice se dira alors, qu’il est temps pour elle de découvrir qui sont ceux qui se cachent derrière ces 4 prénoms et surtout pourquoi cette carte est arrivée jusqu’à sa mère.

Ce roman est le point final de l’enquête qu’Anne a menée avec sa mère, avec sa soeur (Claire également autrice) et avec le soutien d’un détective privé…et d’un criminologue.

Ce roman n’est pas une Xe histoire de famille victime de la folie d’Hitler. Ce roman parle du génocide bien entendu mais il parle également de l’avant et surtout de l’après.

Ce roman réhabilite des hommes et des femmes dans une histoire familiale. Eux qui ont été englouti par les démons d’une époque (démons qui sont à nouveau à nos portes) reprennent vie sous la plume de l’une de celle qui est un part d’eux-même.

J’ai particulièrement apprécié la construction littéraire du récit qui n’est pas centrée sur la souffrance ou l’incompréhension. Anne Berest nous présente des humains. Elle nous conte des vies.

Elle nous raconte des personnes qui avaient des projets, des personnalités, de l’ambition. Il n’aura fallu que la peur et la politique pour les effacer de nos mémoires. Pour taire ce qu’ils étaient…

La souffrance de ceux qui restent et la culpabilité d’être vivant malgré tout a fait le reste.

Ce roman explique l’errance juive. Cette recherche d’une terre d’accueil qui n’est pas sans rappeler les flots de migrants qui arrivent à nos frontières après avoir été déboutés de partout.

Ce roman tisse un lien entre le passé et le présent. Il présente l’impact que la shoah a eu sur ces familles brisées. Il est question de lever le voile, de reserrer les liens entre les générations.

Dans ce roman, chaque génération a enfin l’occasion de s’affirmer, de se dire et de se raconter en y incluant cette identité juive qui était devenue une ombre. Ce n’est pas un outil de propagande.

Ce n’est pas étonnant que « La carte postale » ait reçu le prix Renaudot des lycéens 2021. Le récit est totalement accessible à de plus jeunes lecteurs. Il offre aux adultes de demain une immersion dans le passé.

Il n’est pas question ici de livre d’Histoire. Il n’est pas question de devoir de mémoire absolu. Il n’est pas question de morale. Il est question de compréhension, de femmes perdues dans les inconnues de leur passé familial.

Avoir une identité de nos jours est souvent un parcours difficile. Nos anciens ne se racontaient pas. Ils taisaient leurs souffrances car ils avaient appris à être forts, à donner le change.

De nos jours, nous sommes beaucoup plus tournés vers l’humain, vers la compréhension, vers le partage, vers la nécessité de transmettre comme cela s’est fait pendant des milliers d’années.

Ce livre raconte avec les yeux d’une femme de 40 ans une histoire tue, l’histoire de sa famille. Histoire, que sa grand-mère, Myriam seule survivante, n’a pas eu la force de transmettre.

Les Rabinovitch sont une famille unie. Juifs peu pratiquants, ils ont traversé l’Europe au départ de la Russie pour s’installer et construire leur futur. Ils ont même fait une halte en Palestine avant de s’installer à Paris.

Malgré une volonté de s’intégrer, de devenir français, de participer à l’essor de leur pays d’accueil, Ephraïm, Emma et deux de leurs enfants seront assassinés en 1942 à Auschwitz.

Ce roman est celui d’Anne, femme du 21ème siècle. Elle cherche à intégrer le mot « Juif » dans son monde laïque.

J’ai dévoré ce roman en partie lors de mon séjour à Paris en mars. Le lire là où une partie de l’intrigue se déroule a donné une dimension supplémentaire de justesse et de vérité à ma lecture.

Si ce livre n’a pas encore attiré ton attention, il est encore temps de le glisser sous ton bras lors de ton prochain passage en librairie.

Si tu l’as déjà lu, qu’en as-tu pensé? Le conseilles-tu?

Dis-moi tout, histoire d’assouvir ma curiosité et mon besoin de partage.

Belle lecture!