Albums jeunesses·Bandes dessinées

Petit Poilu: « Tout pour moi, rien pour tous »

Connais-tu ce p’tit bonhomme?

Quelques poils sur le caillou ne l’empêchent nullement de se nommer « Petit Poilu »! Il est culotté n’est-ce pas? Pas étonnant, Petit Poilu est belge. Son papa, Pierre Bailly et sa maman, Céline Fraipont le sont aussi!

Petit Poilu est né il y a plus de 10 ans de l’imagination de sa maman. A la naissance de sa fille, Céline Fraipont s’est rendu compte qu’aucune bande dessiné pour les tout petits existait.

Ni une, ni deux, Céline a imaginé le personnage et Pierre lui a donné vie.

Avec Petit Poilu, nous sommes loin de l’époque des vieux rabats joies. Enfant, mes institutrices déconseillaient à mes parents la lecture de BD. Ce n’étaient pas de bonnes lectures. Un peu comme des suppôts de Satan…

La série des Petit Poilu compte 27 tomes. Ils sont tous édités par les éditions Casterman. Chaque tome est muet. Il n’y a aucun dialogue. Aucun texte. Cette idée est formidable!

L’absence de texte ne signifie nullement l’absence d’un scénario construit et intéressant. Evidemment, l’histoire est adressée aux plus jeunes. Leur jeune âge ne leur permet pas encore de lire comme les grands.

Pourtant, ils sont très souvent hyper motivés. Pas besoin d’être un lecteur aguerri pour se lancer dans la lecture de Petit Poilu! Le feu d’artifice de couleurs et de thèmes différents motive les loulous.

Dans ce 27ème album « Tout pour moi, rien pour tous », le ton est donné dès la couverture. Un petit écureuil fait son stock pour l’hiver et ne laisse rien aux autres.

Le partage aussi s’apprend

Malgré mon grand âge, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire (oui, oui, lire) cet album souriant, dynamique et mimi tout plein. Je regrette presque de ne pas avoir eu la chance de lire « Petit Poilu’ quand j’avais 5 ans.

Les lecteurs en herbes ont vraiment beaucoup de chance. Je les envie… Pour le coup, je suis jalouse.

Qu’est-ce qui m’empêche de les lire? Il n’y a aucune restriction d’âge.

N’hésite pas à te laisser tenter toi aussi. Que penses-tu d’offrir un Petit Poilu aux petits loulous de ta famille? Cela me semble une bonne excuse pour te plonger dans l’univers de ce petit bonhomme.

Qu’en penses-tu? Déjà sous le charme? Tenté.e par l’expérience? Dis-moi en commentaire ton ressenti sur cette proposition livresque! Hâte d’en discuter avec toi.

Littérature·Littérature française·Roman

Nous irons mieux demain de Tatiana de Rosnay

As-tu déjà lu Zola?

Moi non…et depuis que j’ai terminé le dernier roman de Tatiana de Rosnay, je me lancerais bien dans la découverte de cet illustre écrivain…classique du XIXe siècle. Auteur engagé.

Je n’ai pas lu toute la bibliographique de Tatiana de Rosnay. Par contre, les livres lus ont été dégusté. « Elle s’appelait Sarah » et « Boomerang » m’ont conquise.

« Nous irons mieux demain » publié en septembre par les éditions Robert Laffont m’a immédiatement emballée. La plume de l’autrice est agréable et maîtrisée. Tatiana sait en quelques lignes harponner le lecteur.

« Nous irons mieux demain » est l’histoire d’une rencontre entre deux femmes, entre deux mondes, entre une lectrice et un écrivain.

Une rencontre brutale.

Dominique est renversée par une voiture sous les yeux de Candice. Candice, sous le choc de cette collision se rend au chevet de Dominique. Peu à peu, un lien se crée entre la mère célibataire de 28 ans et la quinquagénaire sibylline…

Entre bienveillance et incompréhension, les deux femmes vont s’entraider, se conquérir, se repousser. Entre elles surtout va s’immiscer Emile Zola, méconnu de la première et adulé par la seconde.

Entre Candice et Dominique, j’ai basculé. J’ai ressenti. J’ai vibré. Candice n’est pas seule à avoir les sens éveillé par ce fameux Emile, mort il y a 120 ans dans d’étranges circonstances.

En positionnant l’auteur entre ces 2 femmes que rien ne prédestinaient à une rencontre, Tatiana de Rosnay lui offre une nouvelle vie et un véritable coup de projecteur sur son œuvre.

Il n’est pas improbable que je m’offre « Lettres à Alexandrine » et/ou « Lettres à Jeanne Rozerot »…Je pourrais ainsi suivre les traces de Candice et m’offrir un ticket d’entrée vers l’illustre écrivain (effrayant quand même…).

Je suis certaine que je ne suis pas la seule.

Bravo à Tatiana de Rosnay d’amener ses lecteurs à cette découverte.

Il n’y a pas qu’Emile Zola dans ce roman. Il y a surtout des femmes. Fortes et fragiles à la fois. Elles font de leur mieux. Elles affrontent les moultes difficultés du quotidien. Elles peinent parfois à trouver leur place dans cette société planifiée, calculée.

Dans cet univers où il faut entrer dans les cases proposées, avoir les bons comportements, se plier aux règles, Candice peine à se plier aux dictats…tout comme Dominique. La personnalité de Dominique est forte et invasive.

Candice vit une vie loin de ses aspirations initiales. Je me suis reconnue en elle. Quelle est la place de ceux et celles qui ont le cœur sur la main? Combien de fois n’ai-je pas entendu « Protège-toi »?

Candice aussi l’entend. Elle doit se méfier de la seule personne qui est bienveillante et présente auprès d’elle alors que ses proches sont aveugles à ses souffrances.

Dominique est une personne entière. Elle se donne corps et âme. Elle empiète sur le domaine des autres. Elle semble froide et calculatrice…qu’y a-t-il derrière les apparences?

J’ai été touchée par l’humanité donnée par l’autrice à ces deux femmes.

Ce livre mérite d’être lu pour se rappeler que derrière les apparences un cœur bat, une âme palpite. Derrière une façade souriante existe le chagrin. Les cicatrices des mots, des actes des autres sont indélébiles.

Parfois, face à la carence de bienveillance de nos contemporains, il est plus simple de chercher le réconfort dans des comportements qualifiés de folie ou de troubles de l’humeur…

Et si la folie était d’ignorer la souffrance, de la laisser grandir et de ne pas voir l’étincelle d’espoir dans les yeux d’autrui?

Audio·Drame·Feelgood·littérature américaine·livre audio·Roman·Romance

Dans cinq ans de Rebecca Serle

Que se passera-t-il dans 5 ans? Où serons-nous? Aurons-nous pris ou perdu quelques kilos? Vivrons-nous toujours au même endroit? Pratiquerons-nous le même métier? Serons-nous heureux? Aurons-nous des enfants? Auront-ils quitté le nid?

Dans cinq ans, l’univers des possibles est infini. J’aime m’imaginer le meilleur. Le pire est peut-être à la porte…qui sait?

Dans cinq ans, je me souviendrai certainement de cette lecture audio dévorée en quelques jours au printemps dernier. Dans ces moments où la légerté s’impose d’elle-même… Mon choix a été facile et sans regret.

Jolie couverture, retours positifs sur #bookstagram, crédit audio en suffisance, je me suis lancée dans l’écoulecture de « Dans cinq ans » de Rebecca Serle publié en janvier 2022 chez Charleston.

Pour ce qui est de la détente, j’ai un peu surestimé le récit. Pour le reste, la lectrice choisie fait le job. Il y est question d’amour. La couverture donne le ton, c’est indiqué en toutes lettres: « C’est une histoire d’amour. Mais ce n’est pas celle que vous attendiez.’

Je confirme.

Je suis immédiatement entrée dans ce récit. La lectrice a une voix agréable, un rythme et un jeu d’acteur adaptés. Le texte est de qualité, simple et absolument pas niais.

« Dans cinq ans » est une histoire d’amitié aux notes de feel good.

Debbie, avocate à New York a la vie dont elle rêvait. Le job et le petit ami de ses rêves. Oui. Jusqu’ici, j’en conviens, c’est plutôt cliché.

Un matin, alors que tout va parfaitement bien, elle se réveille 5 ans plus tard. Cette vision de sa vie un lustre plus tard la perturbe profondément.

Tu veux savoir pourquoi?

Lis ou écoulis ce livre que j’ai dévoré. Cette lecture te fera un bien fou surtout si tu es à la recherche de plaisir. Ce livre risque par compte de te chambouler, de te questionner, de t’exaspérer aussi un mini peu par moment.

Ce livre est impossible à lâcher. En audio, j’ai dû m’inventer des tâches ménagères pour justifier mes temps d’écoute.

Le thème a, c’est vrai, déjà été revisité en long, en large et en travers.

Tu as envie de découvrir le destin de Debbie? Tu sais ce qu’il te reste à faire…

Bonne lecture!

Feelgood·littérature américaine·Roman

Il nous restera ça de Virginie Grimaldi

Savais-tu que le titre du dernier roman de Virginie Grimaldi: Il nous restera ça est également le titre d’une chanson de Grand corps malade?

Si tu ne le savais pas, je t’invite à découvrir ce très beau texte de Fabien sur la plateforme de streaming musical de ton coeur. ICI pour Spotify!

Fabien est un poète. Il slame…

Tu n’aimes peut-être pas la musique de ces slamers…

Ecoute les mots au delà des sons.

Imprègne-toi de ces mots…de ces maux.

Pour te parler du dernier roman de Virginie grimaldi, je vais m’inspirer du texte de l’artiste. Qu’il me pardonne mon audace.

Il nous restera ça est sorti le 4 mai dernier chez Fayard.

« Il nous restera ça » est un roman différent où Virginie croise les destins de 3 individualités.

Jeanne.

Iris.

Théo.

74…

33…

et 18 ans.

Trois générations.

Petite dédicace intégrée au livre!

« Quand ce système brutal

Qu’on essaie d’apprivoiser

nous aura vidé de nos âmes

et de nos dernières bonnes idées.

Il nous restera ça. »

Nos trois antagonistes écorchés par la vie se retrouvent colocataires…

Voici le pitch de cette histoire sûrement vue et revue à travers de nombreux romans comme « Ensemble c’est tout », « Grandir un peu ». Malgré ces ressemblances, ce roman a la patte grimaldienne.

Je sais…mon imprimante est capricieuse…et je venais de mettre une nouvelle cartouche.

Kesako?

Un mélange d’émotions à fleurs de peau et d’humour à l’image de l’autrice.

Ce sentiment de déjà-lu te passera, si tu es comme moi, certainement au dessus. Car une fois encore, démarrer un roman de Virginie ne laisse au lecteur pas d’autre choix que de s’y plonger…corps et âme.

Iris, Jeanne et Théo deviennent une part de nous, un ami, un enfant, un parent, …

Mini cadeau pour te donner envie…

Je ne sais pas si Fabien a inspiré Virginie…pourtant le texte de Fabien colle à celui de Virginie.

Pour reprendre les mots du premier, dans ce dernier roman, Virginie a « griffoné quelques papiers, quelques rimes à enrichir, à la face d’un monde hanté par un futur sans avenir ».

Je la devine cette fois soucieuse de « faire couler une encre honnête, avoir mal pour être soi-même ».

Je la soupçonne essayant « de se souvenir pourquoi elle a commencé ça ».

Tentant de « retrouver l’urgence d’écrire car le plus important c’est ça.

Cherchant encore et toujours d’être elle-même malgré tout, naïve, décidée, bavarde, absorbnt les mots en trop sur un bout de papier buvard ».

Parce que oui, il y a de cela chez Virginie Grimaldi.

Une femme comme nous, un coeur sur la main, parfois débordée par le succès et les attentes des « mythos d’en haut » et du système qui porte aussi bien qu’il coule.

Résumé de l’éditeur

J’ai croisé la route de Virginie Grimaldi il y a tout juste un mois.

J’ai attendu 4 heures pour recevoir quelques minutes d’échange.

J’ai eu l’occasion lors de cette rencontre de ressentir l’humain derrière la personnalité publique.

Virginie était à l’image de son écriture.

J’ai ri.

J’ai été rassurée de croiser celle qui se cache derrière la plume.

Une femme entière, drôle, disponible et sensible.

Quand Virginie me propose de mettre en évidence nos doubles, triples, multiples mentons!

Il ne doit pas être simple de gérer cette sensibilité face aux gens mécontents, aux attachés de presse sous pression, aux lecteurs frustrés de ne pouvoir échanger plus longtemps avec elle.

Merci Virginie de rester celle que tu es….avec ou sans double menton!

Ces quelques minutes sur la même longueur d’ondes, tes livres, tes partages, tes confessions, nos sensibilités, celles que nous sommes…finalement, quoi qu’il arrive…il nous restera ça…

Albums jeunesses·Bandes dessinées·Young Adult

Elles – 2. Universelle(s) » d’Aveline Stokart et Kid Toussaint

Voici le deuxième tome de cette série BD superbe!

J’avais hâte. J’étais pressée de découvrir la suite d’Elles, la série créée par Kid Toussaint et Aveline Stokart publiée par les éditions du Lombard. Le tome 2 « Universelle(s) » était à peine sorti en librairie qu’il avait rejoint ma pal.

J’étais un peu hésitante à le lire. Ca m’arrive souvent quand il faut attendre de longs mois avant de découvrir la suite.

Fin juin, j’ai franchi avec délice le pas. Aucun regret. J’ai immédiatement retrouvé les dessins colorés d’Aveline Stokart. Kid Toussaint, le scénariste, fait quant à lui évoluer le personnage d’Elle, cette toute jeune femme aux troubles de la personnalité.

Elles est publié par une maison d’édition belge…Le Lombard!

Si le premier tome était orienté vers les relations entre Elle et ses pairs. Ce deuxième est quant à lui beaucoup plus basé sur la lutte intérieure que mène Elle pour asseoir sa véritable personnalité.

Je suis vraiment fan de cette BD .

Elle se remet difficilement des dernières épreuves qu’elle a eu à endurer.

Ses nombreuses personnalités en profitent pour s’imposer. L’une d’elle prend le contrôle: Bleu… Cette dernière est loin d’être postive et de tout repos. Elle est peu amicale.

Bleu amène Elle a avoir des comportements inadaptés et inadéquats. Heureusement, la jeune fille peut compter sur ses amis. Plus particulièrement sur Maëlys, elle réalise rapidement qu’Elle n’est pas au top de sa forme et ne lâche pas l’affaire.

T’as vu cette beauté?

Le seul défaut de cette BD est qu’il faut attendre avant d’avoir la suite.

Et puis aussi que quand la suite sera là, je la lirai en 2 coups de cuillère à pot.

Pffffff plus que combien de fois dormir?

Albums jeunesses

Les amis de Petit Renard de Nicolas Gouny

Un album jeunesse toute saison!

Penses-tu que certains thèmes sont spécifiques à certaines saisons? Lis-tu uniquement des histoires de sorcières à Halloween? As-tu déjà lu un roman de Noël en plein été?

Moi oui…

Très souvent, le thème de la forêt est associé à l’automne. En ce 20 avril, l’automne n’est déjà plus qu’un souvenir ou encore un projet à venir. Alors pourquoi te parler d’une histoire de renard alors que c’est la saison des poussins?

Tout est dans la perception que tu as du temps qui passe.

La couverture de l’album jeunesse de Nicolas Gouny dont je te parle aujourd’hui est superbe. Sorti en septembre 2021 aux éditions Balivernes, « Les amis de Petit Renard » est le troisième tome des aventures de « Petit renard« .

« Petit Renard » et moi n’avions pas encore fait connaissance. La rencontre a été rendue possible grâce à une masse critique organisée par Babelio en automne. Une fois encore, je suis bien à jour dans mes chroniques…

Tu ne vas pas me croire si je te dis que j’ai été ravie de recevoir cet album jeunesse pour les tout jeunes lecteurs de 3 ans et + .

Bizarre lorsque l’on file vers ses 46… J’ai visiblement trop d’années au compteur aux yeux de certains pour prétendre à ce genre de lecture.

Ah bon? Et pourquoi donc devrais-je me priver des « Amis de Petit Renard« ? Oui pourquoi? Y aurait-il une date de péremption pour s’émerveiller devant la douceur et la beauté des illustrations? Devrais-je définitivement laisser mon âme d’enfant s’évaporer?

Nous sommes bien d’accord que la réponse est NON!

Tu as vu comme c’est mimi?


Ce serait en effet bien dommage de se priver de cette lecture pleine de malice. En tournant les livres de cet album, j’ai fait comme Alice. Je ne suis pas passée de l’autre côté du miroir, je suis entrée dans le livre.

Malgré mon grand âge, en tournant les pages, j’ai eu le sentiment d’être ce renardeau à la recherche d’amis. Et des amis, il y en a plein dans la forêt…même certains que l’on ne connait pas.

Tu auras compris que l’histoire est très très simple et totalement adaptée à son public cible. Le thème de l’amitié est abordé de façon très ouverte. Pour les enseignants par exemple, il est possible de lancer discussions et activités en lien avec l’album de façon très très ouverte.

Même la laie est à croquer…sans parler de ses marcassins!

Les illustrations sont quant à elles fabuleusement belles. Chaque élément est constitué d’éléments naturels. Feuilles de multiples couleurs, branches, écorces, pierres, pétales de fleurs sont détournées pour créer les animaux et le cadre de la forêt…

L’ensemble forme un tout dynamique et poétique. Le travail graphique de l’auteur/illustrateur est un plaisir pour les yeux. La mignonitude est totalement assurée!

Tu auras compris que je suis une grande fan de cet album. Je remercie donc Babelio et les éditions Balivernes pour son envoi.

Je voulais encore juste ajouter un petit quelque chose…

Ne te méprend pas, tu pourrais croire que cet album est plus spécifique à l’automne. Que nenni!

Cette histoire convient à toutes les saisons alors n’hésite pas à te l’offrir si comme moi tu as encore gardé ton âme d’enfant ou alors prétexte la nécessité absolue de l’offrir à tes enfants… Et si tu n’en as pas, fais du babysitting, garde les enfants de la famille ou de tes voisins par exemple!

Belle lecture à toi!