Littérature·Thriller

Entretien avec Benoît d’Halluin: « Mon livre n’est pas un livre sombre. Il est plein de la lumière de la Méditerranée. Il est rempli d’espérances. » –

Souvenir d’une rencontre lumineuse!

En avril dernier, j’ai eu l’occasion de découvrir le premier roman de Benoît d’Halluin: « Une nuit sans aube » sorti le 10 mars dernier aux éditions XO.

J’avais rendez-vous dans un bel hôtel bruxellois. J’ai surpris Benoît au sortir de son petit-déjeuner et en plein jetlag! Il faut dire que l’auteur franco-canadien bosse vit depuis 2018 à New-York où il bosse.

Son premier roman avait été une belle et surprenante découverte. En découvrant son auteur, j’ai compris pourquoi. Benoit d’Halluin est une personnalité rayonnante et enthousiaste. Ce premier roman est positif et plein de valeurs qu’il défend avec énergie et simplicité…

Tu trouveras ci-dessous une restranscription de l’entretien. Ce dernier fut spontanné et agréable…

Bonne découverte…

« Une nuit sans aube » est sorti en mars dernier chez les éditions XO.

J’ai découvert ton premier roman et il était vachement bien.

 Ça t’a plu alors ?

 Oh oui, il est très très bien. Je ne m’attendais pas du tout à ce type de lecture.  J’ai été un peu influencée pour le découvrir et ce fut une bonne influence.  

C’est mon premier alors je découvre.

 Et bien franchement pour un premier roman, il y a vraiment du bon. Je ne l’ai pas dévoré, je l’ai plus lu en petits épisodes comme une série. Ce fractionnement est plus lié à moi qu’au livre. Mais j’avais vraiment envie de savoir la suite.

Il y a des gens qui disent que c’est un page Turner.  Certains m’ont dit qu’il ne devait pas s’appeler « Une nuit sans aube » mais plutôt « Une nuit sans fin » parce qu’ils l’ont lu en une nuit.  

Je confirme. Hier je réfléchissais déjà un peu à ma chronique. Je me disais « Une nuit sans aube » mais en fait pour le lecteur aussi ça pourrait être une nuit aube.

Une nuit blanche voilà !

Ok  mais alors on a pas envie que l’aube arrive.  On a envie de comprendre ce qui arrive à ce brave Alexis qui est quand même un gentil.

Personne n’est foncièrement méchant dans ce livre.

Non ça c’est clair.  Il y en a juste certains qui sont plus perturbés que d’autres.

Je pense que c’est ce que le livre dit aussi. Il y a cette phrase : « Des chemins de son enfance, nul ne guérit jamais ». Je trouvais cette idée intéressante de voir ce que les événements de l’enfance font de nous. Dans le livre, il y a Marc.  Il a été chassé par son père qui l’a mis dehors de la maison parce que sa femme l’avait quitté.  Il était désemparé. Il cherche à prendre une revanche et cetera et cetera.  Alexis, lui, il dissimule tout parce qu’il vient d’une famille où il faut toujours un peu faire illusion. Finalement c’est devenu un peu pathologique. Il n’arrive pas à dire les choses.  

Puis il a une maman qui est tellement à l’extérieur qu’elle n’arrive pas à voir ce qui se passe chez elle. Ce détail m’a marquée.

Oui, les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés. C’est un peu ça ici.

Comment est-ce que Benoît d’Halluin qui vient finalement un peu de nulle part en arrive à écrire un roman ? Quel est ton parcours ?

Il y a deux trucs.  D’abord, ma personnalité.  Je suis quelqu’un qui observe beaucoup. Je ressens beaucoup de choses. Ensuite, je suis quelqu’un qui arrive bien à écrire. Souvent, je me suis rendu compte que j’arrivais à écrire, à mettre des mots sur les sentiments que les gens ressentent mais n’arrivent pas forcément à exprimer.

Par exemple, dans mon travail, je suis directeur marketing pour une grande marque de cosmétique américaine, je fais des pubs.  Il y a toujours beaucoup d’émotions. On m’appelle souvent le « story teller » (le conteur).  Les mariages s’il y a quelqu’un qui doit faire le discours, ça va toujours me tomber dessus.  Tout le monde me disait qu’il fallait que j’écrive un livre.  Moi, je voulais bien sauf que je suis assez pris dans ma vie et je n’avais pas vraiment eu le temps.

Je vivais à New York et j’ai attrapé le COVID au tout début en mars 2020.  Je l’ai attrapé salement. J’avais 41 de fièvre. J’ai dû aller à l’hôpital à Manhattan.  Là-bas, à l’époque, il faut se remettre dans la situation, il y avait deux virus.  Il y avait le coronavirus et il y avait Trump. Il disait que le virus n’existait pas, qu’il fallait avaler de l’eau de javel. Bref, c’était n’importe quoi.  Il n’y avait plus de place dans les hôpitaux.

Mes parents et mes amis m’ont dit ça suffit les conneries, tu rentres en Europe. C’est ce que j’ai fait. J’ai pris un avion sanitaire car tous les transports étaient à l’arrêt. PAF j’arrive à l’aéroport, je prends un train et j’arrive chez mes parents. Le confinement était strict. Il y avait aussi deux de mes sœurs. Je craignais d’être encore contagieux même si je ne l’étais plus. Je suis resté enfermé dans ma chambre. J’avais du temps libre comme je ne travaillais pas le matin à cause du décalage horaire parce que je commence à travailler vers 13h…

Ah oui c’était le télétravail avec New York.

Ça a commencé comme ça et ça ne s’est jamais arrêté. Ça fait 2 ans que je suis parti comme Linda de Souza avec ma valise en carton. Je n’ai pas beaucoup de vêtements. La chemise que j’ai là, c’est la même que celle qui est sur la quatrième du livre.  Du coup, j’ai eu envie de raconter ce qu’il se passait. Il y a une telle différence entre ce que j’avais vu à New York où on sort trop, on travaille trop,… Me retrouver chez mes parents avec des arbres en face des fenêtres a fait germer comme ça.

Je pense qu’on n’écrit jamais vraiment on se raconte. Il y a pas mal de points un petit peu autobiographique. L’histoire commence par un voyage en avion.  Moi, j’ai fait le voyage en sens inverse. Bien sûr, quand j’étais à l’hôpital à New York avec 41 de fièvre je me suis demandé ce qui se passerait si je mourrais et que mes parents ne pouvaient pas venir. La question était à l’ordre du jour puisqu’ils ne pouvaient pas venir et que j’étais vraiment mal.  

Voilà comment le livre a vu le jours. Je l’ai écrit assez vite. Je ne me suis jamais arrêté pour l’écrire.  Je l’ai écrit le matin.  J’ai travaillé l’après-midi.  En 2 mois et demi,  3 mois c’était fait.

 C’est donc un peu aussi « Une nuit sans aube » ?

Je ne suis pas quelqu’un du matin. Je suis comme Françoise Sagan qui dit : «  Je vois pas ce qui pourrait m’arriver de bon avant 11h du matin ».  

Donc le covid, un rapatriement sanitaire…

Et aussi ma personnalité ! Je pense qu’il y avait un terreau. Il fallait que j’écrive des choses. Je pense que j’en écrirai d’autres maintenant parce que j’ai trouvé génial d’écrire. Après j’aimerais bien que le livre marche.

 Déjà, au niveau de la maison d’édition, c’est une belle maison d’édition pour un premier roman.

 J’ai eu beaucoup de chance parce qu’en plus j’ai envoyé 8 ou 10 manuscrits, je sais plus. J’ai 3 réponses positives : XO,  Actes sud et le dernier c’était Robert Laffont.  Je voulais que ce soit un livre grand public. Je voulais que ce soit une histoire d’amour gay mais universelle pour que des gens qui ne soient pas forcément homosexuels puissent s’y retrouver. J’ai des petites mamies qui m’écrivent des messages en me disant que mon livre a changé leur regard sur les gays.  Je suis content.

Pour moi, cette ouverture positive est un des atouts du livre et c’est ce qui fait son originalité. Chez un éditeur comme XO, on peut trouver ton livre partout, dans n’importe quel magasin.  Maintenant, il y aura toujours des gens à qui ça ne va pas plaire.  

Il ne sera peut-être pas dans des librairies très chics de la rive gauche.  Je pense que dans les librairies très chics de la rive gauche, on n’a pas ce besoin d’éduquer sur l’homosexualité.

Oui…enfin voilà ils devraient peut-être un peu plus…  Le but du livre n’est certainement pas une revendication et n’a pas été écrit dans l’idée de porter le drapeau LGBT+.

 Non, non, justement pour ce livre, il y a 2 cibles.  Enfin je fais du marketing là mais bon. La première cible est le grand public. C’est pour cela qu’il y a une telle tension dans l’intrigue.  J’ai envie que le lecteur rentre dans une histoire où certes les protagonistes sont gays, il y a une histoire d’amour en eux. Pourtant à la fin, le lecteur peut se dire que leur orientation sexuelle ne change rien à l’histoire.   J’en ai fait un peu des héros ordinaires. Ce faisant, discrètement, j’ai expliqué au lecteur que la complexité de l’homosexualité : le coming out, le dating, le ghosting. Je parle un peu de l’homoparentalité à la fin.

L’autre cible est un lectorat gay. J’avais envie de dire que personnellement dans la littérature actuelle, je ne me retrouve pas.  Il y a d’un côté des romans très sombres, très noirs, très glauques, un peu comme « En finir avec Eddy Bellegueule ». C’est vraiment une chose, une revendication sociale. Je ne suis pas là pour comparer. Je ne m’identifie pas.

D’un autre côté, il y a des choses sublimes comme « Call me by your name » qui a été adapté en film. Il faut absolument le découvrir. C’est une sorte de moments suspendus où ils sont dans une villa en Ligurie. Ils sont tous beaux. C’est l’été. Le temps s’écoule lentement. Le temps s’épaissit.  On sent la chaleur de l’été sur la peau des gens.  Après, on ne sait pas trop ce qu’ils font dans la vie. On ne sait pas qui paye le loyer de la maison… Je voulais que mon roman soit terre à terre.

Oui dans « L’aube sans fin », être dans le coma n’est pas lié à l’homosexualité. N’importe qui peut se faire renverser par une voiture et se retrouver dans le coma à l’autre bout du monde, quel que soit la destination.

Exactement. Je voulais que la cible hétéro découvre la problématique gay et pour la cible gay je voulais qu’ils trouvent un livre qui les décrit de façon juste.  J’ai des retours de lecteurs qui me disent qu’« Une nuit sans aube » est le livre le plus juste qu’ils aient lu sur la question. Pour moi, c’est le plus beau commentaire que l’on puisse me faire.

Personnellement, je n’ai pas beaucoup lu sur la thématique gay. Par contre, avec mon expérience perso, j’ai retrouvé dans le roman beaucoup d’émotions et une bienveillance même au niveau familial.  Le roman parle aussi de cette malveillance qui sera toujours présente. La malveillance n’est pas liée uniquement à l’homosexualité. Il arrive d’être banni d’une famille pour un choix d’étude qui ne plait pas ou un mariage qui ne convient pas. L’homosexualité peut poser un problème moral. Pour moi, ça n’en est pas un. Les gens sont comme ils sont.  Ton livre est important pour banaliser l’homosexualité mais pas dans le sens négatif. Plutôt dans l’idée que chacun fait ce qu’il veut.

Il y a des gens qui m’ont dit qu’ils avaient l’impression de lire un documentaire sur les gays. Dans le mot documentaire, il y a un petit côté documentaire animalier…Je comprends ce qu’ils voulaient dire.

Quand on ne connaît pas, quand on n’a pas les codes, quand on ne s’intéresse pas, un roman comme le tient peut révéler un intérêt sur le sujet.

Beaucoup de gens ne savent pas.

Dans ton roman, les 2 personnages dont tu racontes le parcours ont des vécus très différents.  Alexis a un parcours beaucoup plus classique alors que Marc est décrit comme beaucoup plus olé olé. Avec lui, la vie à New York a l’air beaucoup plus décadente.  Ça doit un peu chambouler les petits mamies que tu croises en salon ?

Non, elles sont très ouvertes.

Pour ton inspiration, tu me disais qu’il y avait un part d’autobiographique. Tu as brodé autour de ton expérience ?

Je me suis plus inspiré pour les lieux ou pour les personnages rencontrés. Après, je n’ai jamais été dans le coma. Je ne me suis jamais fait renverser par une voiture. Je n’ai pas vécu tout ça.  Il est plus facile de parler d’endroits connus. J’ai un appartement à Nice.  J’y ai un petit bateau de pêche.  J’adore le sud. Je ne pourrais pas vivre sans la Méditerranée.  

Mon livre n’est pas un livre sombre. Il est plein de la lumière de la Méditerranée. Il est rempli d’espérances.  J’avais choisi le titre que j’aime bien parce que ça fait référence à la nuit. Le récit se passe pendant la nuit. Le trajet pour aller au chevet d’Alexis se déroule sur une nuit. Catherine, la mère d’Alexis, la nouvelle au cœur de la nuit.

Le coma est aussi une nuit.

« Une nuit sans aube » est également toute cette période pendant laquelle Alexis n’a pas pu dire qu’il était gay.  

Pour la couverture, j’avais proposé un homme qui plonge. Il est à la fois sous l’eau et au-dessus, comme un iceberg. J’avais dans l’idée que la partie sous eau soit la nuit. J’avais une idée lumineuse de cette couverture.  Quand j’ai eu la proposition de la couverture actuelle, elle m’a semblée plombante.

Ce choix de couverture ramène aux thrillers. Ton roman est quand même un thriller…Il y a une intrigue, du suspens, on a quand même envie de savoir.

Tout à fait ! Le livre est dans les codes du thriller mais ils ont mis roman. C’est comme ça.

Effectivement, la couverture ne correspond pas spécialement à 100% au contenu. Maintenant, ce sera sûrement plus adapté en poche?

Les retours que j’en ai, quand je vais regarder sur Babelio, les gens adorent tous leur lecture. Le commentaire qui revient souvent est que c’est un peu un truc inclassable.

Honnêtement oui.

Une dame a commenté que pour elle c’était un truc d’équilibriste parce que j’ai commencé avec un thriller, je retrouve ensuite avec une histoire de famille et puis, j’ai des chapitres qui sont juste une histoire d’amour.  Elle dit même qu’en général au milieu d’un thriller elle ne veut pas d’histoire d’amour parce que ça l’agace mais ici non ! Ca ne l’a pas dérangée du tout.

En effet, l’histoire d’amour nourrit le propos.  Elle nourrit l’intrigue aussi puisque le lecteur se fait trimballer. Très vite, on apprend très vite que ce n’était pas un accident.  

Ce qui est drôle aussi c’est que comme les flashbacks arrivent assez tôt pour nourrir un autre propos du livre : « Des chemins de son enfance on ne guérit jamais vraiment ». J’ai donc voulu les faire commencer tôt.  Du coup, les lecteurs sont en attente car ils savent que Marc et Alexis sont en couple.  Ils sont en attente de leur rencontre mais ce n’est pas pour tout de suite.

Ce choix de thriller était un choix voulu ou pas ?

Je suis quelqu’un qui n’a pas beaucoup de confiance en soi. J’ai toujours l’impression que ce que je dis n’est pas suffisamment intéressant. Je me suis dit que si je rajoutais une intrigue, les gens auraient envie de tourner les pages et j’en profiterai alors pour leur glisser des petites idées sociologiques que j’ai.

Comme je le disais, je voulais faire un livre grand public. C’était important à mes yeux.  Je suis content de faire un roman gay chez XO,  avec des scènes de sexes gay pour montrer que ce n’est plus un problème. Pour atteindre ces objectifs, il fallait aussi répondre à un genre littéraire. Je n’allais pas faire une fresque amoureuse ils se regardent dans le blanc des yeux. Si j’avais fait cela, mon roman aurait été d’office catégoriser gay, une sorte de telenovelas gay.

J’ai aussi souri à la présence récurrente des Mercedes classe E.  A chaque fois qu’il est question d’une voiture dans le livre, il s’agit de cette voiture et de ce modèle. Je me suis dit que tu devais avoir une passion pour cette voiture.  Est-ce que tu confirmes cette passion pour les Mercedes classe E ? Ou alors est-ce du placement de produit ?

C’est marrant parce que j’essaie de faire attention à l’environnement surtout que mon compagnon travaille dans ce secteur-là. J’essaie donc de ne pas conduire de grosses voitures. J’avoue cependant  un petit faible pour les décapotables. Du coup, en été, surtout sur la Côte d’Azure on sent l’air et cetera…La Mercedes classe E est une super quatre places. Il fallait bien une voiture qui conviennent à plusieurs personnages.

Dans ton roman, tous les personnages sont un peu paumés à un moment ou à un autre, les enfants comme les parents…

Je voulais montrer aussi qu’il est possible de réagir de plein de façons différentes à l’homosexualité de son fils. On peut passer complètement à côté bien que l’on soit un parent super concerné par son enfant. Cette annonce peut aussi arriver comme une nouvelle difficulté à affronter dans un schéma familial complexe. Le parent peut faire un clash et chasser son enfant sans se rendre compte de l’impact de cette décision à long terme. Ou encore, le parent peut voir cette annonce comme une bavure dans un avenir qu’il a créé pour son enfant. Le parent exige alors encore plus d’efforts et de travail pour compenser. Beaucoup de gays ont reçu comme message qu’ils devaient faire beaucoup d’études pour avoir un super boulot. Ce boulot doit leur plaire parce qu’ils n’auront rien d’autre dans la vie.

La maman d’Alexis, Catherine dit quelque chose d’important à mes yeux. Elle n’a rien contre le fait que son fils soit homosexuel mais elle exprime sa crainte que cela complique le chemin d’Alexis. En tant que maman, c’est exactement ce que je pense aussi.  Aujourd’hui, la société évolue et pourtant le parcours d’un LGBT+  est encore tellement compliqué. En Belgique, le mariage est autorisé, la PMA également, l’adoption se fait de manière égalitaire vis-à-vis des autres couples. C’est une bonne chose. Cependant, vivre sa vie est déjà un défi…et d’un autre côté ce n’est pas un choix.

En effet, Catherine le dit. Elle dit qu’elle n’aurait rien changé. Elle aime son fils tout autant. Elle ne pense pas que ce soit le chemin le plus simple vers le bonheur. Malheureusement, les études prouvent que même quand ils ont des enfants, l’accès au bonheur est compliqué pour les homosexuels.  J’évoque dans le livre cette étude du Washington post, la « Gay loneliness ». Des chercheurs ont étudié sur pas mal de pays et de générations les indicateurs sociaux des gays. Ils se sont rendu compte que ce soit en Scandinavie où les droits des homosexuels sont nombreux ou dans des pays où ils n’ont aucun droit, il reste toujours un plus haut taux d’alcoolisme et une plus forte tendance à la dépression.

 Attention, mon livre est positif. Il dit que l’amour sauve. Ils tombent amoureux et construisent leur relation.  L’un d’eux dit : « Je t’aime parce que je veux t’aimer ».

Mais parce que c’est aussi ça l’amour ! L’amour c’est universel !

Je suis complètement d’accord.  Oui mais la génération en dessous de la nôtre donne l’impression que ce que la société nous vante c’est du romantisme, avoir des papillons dans le ventre et que dès qu’il n’y en a plus, il faut se poser des questions, qu’il faut changer tout. On tombe amoureux. Après un moment, il y a un choix conscient de se dire qu’on ne sait pas où le train de la vie va nous emmener mais je veux faire le « ride » avec cette personne-là.  C’est ma vision des choses.

Le livre dit qu’effectivement il y a ce devenir gay, ces statistiques malheureusement plutôt négatives et qu’eux ils y échappent grâce à l’amour. Après pourquoi ces statistiques ?  Les études disent souvent les études c’est que les gays sont obligés de se conformer à quelque chose qui ne se sont pas pendant une longue période. A 5 ans, vous ne dites pas je suis gay.  Les études montrent que le problème ce serait que comme en fait, les homosexuels se sont trop longtemps conformés à ce qu’ils ne sont pas, même une fois qu’ils ont fait leur coming out, même si ça a été bien accepté, ils gardent une peur du rejet.  Ces personnes ont pris l’habitude de ne plus dire les choses et de ne plus être assertifs avec comme conséquence qu’ils ne savent pas trop s’affirmer.  

Il y a aussi tout ce côté, on le voit un peu aussi, où sans le vouloir comme ils n’ont pas d’enfants, ils deviennent aussi très autocentrés. Je les vois à New York. Comme ils n’ont pas d’enfants,  ils ne s’autorisent pas à vieillir. Ce qui compte, c’est leurs vacances, leur chien, leur appartement…

Je remercie Benoît pour cet échange très intéressant. Pour toi lecteur, il ne reste plus qu’à t’offrir ce très beau roman qui banalise toutes les formes d’amour et fait rentrer l’homosexualité dans la littérature pour tous.

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